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Les insolites

Rue du Coq-d’Inde Le quartier alentour prend sa forme actuelle au XVIIe siècle. A l’époque, la rue est encore dédiée aux chaudronniers, allusion faite aux artisans sur métaux qui l’occupent....

Rue du Coq-d’Inde

Le quartier alentour prend sa forme actuelle au XVIIe siècle. A l’époque, la rue est encore dédiée aux chaudronniers, allusion faite aux artisans sur métaux qui l’occupent. Rapidement, les habitants l’appellent «rue du Coq-d’Inde», en référence à l’auberge éponyme qui s’y trouve dès 1631.

En 1684, la Ville décide de bâtir un nouvel ensemble d’habitations dans cette rue. Pour la première fois, les autorités fixent des règles à respecter en matière d’urbanisme, comme l’alignement des façades, des corniches et des arêtes. Seul petit hic: parmi les constructeurs, un chaudronnier, Balthasar Maussang, ne respecte pas ces règles et construit une maison plus basse, dont les structures ne s’alignent pas sur celles de ses voisines.

Elle est encore aujourd’hui comme une intruse au milieu de ses congénères parfaitement homogènes. Une erreur de parcours qui vaudra à son créateur de rester célèbre. «Ce qui prouve, entre autres, qu’il y a plusieurs manières de s’inscrire dans l’histoire de la ville, écrit à ce sujet Jean-Pierre Jelmini, dans son livre Neuchâtel, 1011-2011. En effet, Maussang eût-il fait comme tout le monde qu’on l’aurait largement oublié!» Les clients des nombreuses terrasses envahissant la rue du Coq-d’Inde aujourd’hui pourront désormais lever un verre en direction de l’immeuble, en hommage à celui qui aura mis un peu de piment dans l’harmonie de cette belle rue.

Le terme «coq d’Inde» est un synonyme de «dindon», soit le mâle de la dinde, et non pas, comme on pourrait le penser, un coq venu d’Inde ou des Indes. Beaucoup de lieux et d’auberges portaient autrefois le nom de cet oiseau importé en Europe au XVIe siècle.


Chemin de Gratte-Semelle

Ce nom, d’origine ancienne et populaire, s’interprète au sens littéral: la ruelle, très raide, abîme les semelles de quiconque la monte ou la descend. Une usure qui s’effectuait d’autant plus rapidement quand il ne s’agissait encore que d’un chemin forestier. Ce passage devait servir, au départ, à rejoindre des animaux gardés en pâture sur les hauteurs de la ville.


Rue de la Main

Au Moyen Age, la police municipale et celle de l’Etat peinent à s’entendre. L’espace appartenant à la ville est donc délimité par une série de bornes sur lesquelles figure la main de la justice, représentée avec le pouce, l’index et le majeur levés, l’annulaire et l’auriculaire repliés. Certaines bornes sont encore visibles aujourd’hui.


Passage du Nid-du-Crô

Aujourd’hui associé au nom de la piscine communale, ce terme signifie le «nid du corbeau» en patois. L’oiseau noir, auquel on attribue un caractère solitaire, devait en effet apprécier cet endroit situé en complète périphérie de la ville jusqu’en 1970, date de la transformation du bord du lac en port de plaisance. Depuis, le corbeau n’y trouve plus son compte.


Pont de Casse-Bras

Aujourd’hui, ce petit pont de pierres construit en 1487 est le dernier vestige d’une série d’anciens ponts surplombant la rivière du Seyon, avant son détournement en 1845. Son nom ferait allusion à la réaction psychologique des passants à la vue du scabreux passage, au fond des gorges. A l’époque, le terme commun «casse-bras» signifie en effet «embarras soudain».


Rue de Port-Roulant

Le terme de «port» n’a pas toujours renvoyé qu’au lieu de stationnement de bateaux. Au XVIIe siècle, il était aussi utilisé dans le sens de «transport». Comme la rue est plate et droite, son nom indique alors certainement que la circulation et le transport des marchandises s’y effectuaient particu-
lièrement rapidement et facilement.


Vy-d’Etra

A l’époque romaine, la Vy (voie) d’Etra reliait Orbe (Urba) à Kaiseraugst (Caesar Augusta), dans le canton d’Argovie. La route traversait Yverdon (Eburodunum), longeait le littoral neuchâtelois à mi-hauteur puis arrivait à Bienne (Petinesca). En ce temps-là (du Ier au IIIe siècle), le canton de Neuchâtel ne comptait aucune ville ou village. Seules quelques fermes s’y trouvaient.


Chemin du Bois-du-Foux

Non, ce terme ne contient pas de faute d’orthographe et ne fait en aucun cas allusion à un hurluberlu neuchâtelois qui aurait assez marqué les esprits pour voir son nom sur une plaque de la ville. Non, tout est ici question d’étymologie. Foux renvoie à fagus en latin, à savoir le hêtre.


Chemin de la Sorcière

Ce chemin constitue le dernier lieu en date à avoir été baptisé. Jean-Pierre Jelmini, à l’origine de ce choix, entendait souvent des enfants appeler cet ancien ruisseau, très encaissé, le chemin de la sorcière. «Je n’ai rien trouvé d’historique sur une sorcière dans le coin, mais j’ai pensé qu’il y avait là une pratique locale qu’il fallait sanctionner», explique l’historien.

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