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Métiers et habitants

Rue du Prince Elle n’a au départ rien de princier. Son nom: la rue du Singe, en référence à l’enseigne d’une auberge qui s’y trouve. La gargote est mal famée et la ruelle, une ancienne douve...

Rue du Prince

Elle n’a au départ rien de princier. Son nom: la rue du Singe, en référence à l’enseigne d’une auberge qui s’y trouve. La gargote est mal famée et la ruelle, une ancienne douve comblée, sert d’égout à ciel ouvert. En 1747, le prince de Saxe-Gotha est envoyé à Genève pour son éducation et y installe ses écuries. On s’empresse de rebaptiser la rue.


Rue de la Sibérie

Elle doit son nom aux immigrés russes qui s’installent dans le quartier des Grottes au XVIIIe siècle. La bonne réputation de l’université genevoise attire l’aristocratie de ce pays dès le XVIIe siècle. Plus tard, la ville accueille l’opposition politique opprimée par le régime tsariste. L’écrivaine Isabelle Eberhardt, fille de réfugiés russes, est née dans le quartier en 1877.


Rue Chausse-Coq

Déjà connue sous ce nom en 1475, la venelle est occupée par des cordonniers. Ils chaussent les jeunes hommes de bonne famille – appelés coqs au Moyen Age – qui s’encanaillent chez les filles de joie du quartier. Certains historiens affirment qu’avant de se dénommer Chausse-Coq la rue était explicitement baptisée Chausse-Con.


Rue des Chaudronniers

Les artisans qui fabriquent chaudrons et ustensiles en cuivre ne sont pas autorisés à s’installer ailleurs que dans cette rue, en raison du bruit provoqué par leur activité. Les lieux se trouvent à bonne distance des logements des plus riches habitants de la cité, situés à la Grand-Rue.


Rue du Cendrier

Un cendrier est un tissu rempli de cendres utilisé par les lavandières pour faire couler plus rapidement la lessive. A partir de la fin du XVIIe siècle, les lavandières exercent leur activité – tout au long de l’année, pour un salaire de misère – dans des bateaux-lavoirs amarrés aux berges de la rivière. La dernière embarcation de ce type s’est échouée en 1941.


Rue des Maraîchers

Les terres fertiles et faciles à irriguer de Plainpalais attirent des maraîchers huguenots après la révocation de l’Edit de Nantes, qui interdit le protestantisme sur le territoire français en 1685.

De leurs terres natales du sud de la France, ils importent des légumes inconnus: le cardon, devenu depuis emblème de la gastronomie genevoise, et l’artichaut.


Rue de l’Indiennerie

Cette rue des Eaux-Vives tient son nom de la première fabrique d’indiennes (toiles peintes) installée à Genève à la fin du XVIIe siècle. Cette industrie, importée par les réfugiés huguenots, se développe de manière fulgurante, occupant jusqu’à 3000 ouvriers. Elle tombe en déclin à partir de 1815.


Boulevard des Philosophes

La longue artère doit son nom aux étudiants en philosophie de l’Académie de Genève – institution fort réputée fondée en 1559 par Jean Calvin, ancêtre de l’université – qui habitent le quartier. D’autres sources indiquent que l’origine de l’appellation provient d’un hameau baptisé Les Philosophes, qui se trouvait autrefois à cet emplacement.


Place de la Taconnerie

Les artisans qui travaillent les tacons, des morceaux de cuir, auraient donné son nom à la place. La famille Tacon, une importante lignée aux XVe et XVIe siècles, représente une autre origine possible. La place s’est aussi appelée Fromagerie, en raison de ses halles aux fromages, et rue du Marché-au-Blé, car on y trouvait un entrepôt à grains.


Rue de la Corraterie

La belle artère qui relie la place de Neuve et le Rhône, au pied de la vieille ville, était autrefois le fief des maquignons. Le lieu est plat, idéal pour faire courir les montures avant de les vendre. Le mot «corraterie» pourrait ainsi se rapporter aussi bien à la course qu’au courtage de chevaux. Les maîtres d’équitation du premier manège de Genève, qui voit le jour au XVIIe siècle à cet emplacement, sont appelés «corratiers».

Certains auteurs voient cependant une autre origine à l’appellation: la Corraterie pourrait faire référence aux hommes installés à l’extérieur des remparts. Ne jouissant pas des mêmes droits que les citoyens de la ville, ils sont soumis à la corvée et appelés «courratiers» ou «corratiers», un équivalant de manants.

La Corraterie représente un des lieux névralgiques de l’Escalade: une partie des troupes savoyardes l’emprunte pour attaquer la ville. C’est aussi là que survit longtemps la dernière des 22 tours de garde des fortifications, la tour Thellusson, détruite en 1903 au grand dam des Genevois. Autre événement: le premier théâtre de Genève voit le jour en haut de la rue en 1766. Les habitants le surnomment avec mépris «la grange aux étrangers» en raison des origines lyonnaises de son directeur. Le bâtiment brûle après 144 représentations seulement, et les protestants les plus dévots, qui méprisent les arts de la scène, refusent de faire la chaîne avec leurs seaux comme il est d’usage dans ces circonstances.

Les bâtiments qui bordent la rue aujourd’hui ont été construits pour la plupart au XIXe siècle et se distinguent par leur unité architecturale.

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