Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Bonnes Adresses »

Neuchâtel: cinquante noms de rues qui raconte la ville d'autrefois

Chemin de Gratte-Semelle, rue des Cibleries, passage des Arbalétriers, place Pury, quai Ostervald ou avenue DuPeyrou… Les noms choisis pour désigner des lieux cachent tous sous leur manteau un morceau de l’histoire d’une ville. En découvrir l’origine offre aux Neuchâtelois l’occasion de replonger au quotidien, devant un nom de rue, dans le passé de leur ville.

Textes Lena Würgler

Interview. L’historien Jean-Pierre Jelmini éclaire non pas l’histoire de la ville, mais celle, tout aussi évocatrice, du baptême de ses rues.

Comment étaient choisis les noms des rues au Moyen Age?

Dès que les communautés commencent à se réunir, les rues prennent le nom des villages ou villes vers lesquels elles mènent, à l’extérieur de la ville. La route de Saint-Blaise, par exemple. A l’époque, on utilise d’ailleurs encore le terme de route et non de rue. On les baptisait aussi selon des éléments topologiques situés sur leur parcours. C’est le cas pour la rue du Seyon, par exemple, qui a recouvert la rivière.

Quand est-ce que change cette tendance?

Dès 1250-1300 environ. Plus la ville grandit, plus elle compte de rues et les lieux extérieurs ne fournissent plus suffisamment de noms. On commence donc à donner aux rues des noms de lieux situés à l’intérieur de son enceinte, comme pour la rue de l’Hôpital, la rue des Moulins ou la rue du Château. Si ces bâtiments constituent des destinations à plus court terme, la tendance reste excentrique, à savoir qu’elle va du centre vers un point plus éloigné. Il y a très peu d’éléments circulaires. Au moment de la révolution industrielle, le mécanisme reste le même, mais les rues prennent alors les noms d’édifices modernes, telles les usines ou la manufacture.

Depuis quand commence-t-on à attribuer des noms de personnalités aux rues?

Il faut attendre le milieu du XIXe, lorsqu’on commence à regarder l’histoire de la ville, son passé. Le mouvement romantique permet une sorte de retournement de situation très global, avec les débuts sérieux de l’archéologie, les découvertes des textes fondateurs, un intérêt tout à fait nouveau pour le Moyen Age… Bref, toute une tendance qui met l’homme au cœur de la vie et qui permet de rendre un hommage plus appuyé et plus public à des penseurs, des écrivains, des philosophes, mais aussi à des héros plus locaux et moins illustres.

Comment définir quelle célébrité donnera son nom à un chemin, une place ou un quai?

Il y a une hiérarchie dans l’attribution d’une personnalité à un lieu, en fonction de l’importance de celle-ci dans l’histoire de la ville ou de sa renommée mondiale. Par exemple, le quai est, par nature, l’un des plus beaux lieux d’une ville, lorsqu’elle borde un lac. A Neuchâtel, l’idée a été de consacrer les quais aux conseillers fédéraux neuchâtelois. Car Neuchâtel compte un nombre exceptionnel de conseillers fédéraux: sur les 109 de l’histoire, 9 sont Neuchâtelois. C’est beaucoup pour un petit canton.

Il existe bon nombre d’anachronismes dans la ville, comme la rue des Vignolants. Comment expliquer leur présence?

Par un retour aux plaisirs de l’histoire, assez généralisé dans le monde, comme on l’a vu avec le succès des romans historiques. Après la Seconde Guerre mondiale, beaucoup plus de gens se sont montrés intéressés par le passé. Avec le calme retrouvé, ils ont tout à coup eu la possibilité de consacrer de nouveau du temps à cela. Quant au nom de rue des Vignolants, synonyme local de vignerons, je suis sûr que c’est Jean-Pierre Baillod, chancelier de la ville pendant les Trente Glorieuses, qui l’a choisi. Parce que c’est lui qui a créé la Compagnie des vignolants. Ce n’est pas possible autrement (rires).


Jean-Pierre Jelmini

Né en 1942, J.-P. Jelmini a été conservateur du Musée historique et des archives de Neuchâtel de 1972 à 2000. Il est l’auteur du livre Neuchâtel, 1011-2011, principale source d’information pour ce dossier. Seuls quelques exemplaires sont encore en vente.

Infos: jpj@hispeed.ch

Les insolites

Rue du Coq-d’Inde Le quartier alentour prend sa forme actuelle au XVIIe siècle. A l’époque, la rue est encore dédiée aux chaudronniers, allusion faite aux artisans sur métaux qui l’occupent....

En savoir plus »

Les objets

Rue de la Collégiale La collégiale a été construite au XIIe siècle, à la demande d’Ulrich, seigneur de Neuchâtel. Des travaux imprécis de rénovation au XIXe siècle modifient...

En savoir plus »

Statuts et métiers

Chemin des Quatre-Ministraux Les quatre ministraux désignent quatre magistrats particuliers, qui, dès le XVe siècle, remplissent des fonctions politiques à la fois dans le législatif et dans l’exécutif de...

En savoir plus »

Lieux

Rue du Neubourg A la fin du XIIIe siècle, la ville, alors cantonnée sur la colline du château, s’étend sur la rive gauche du Seyon. Logiquement, le nouveau quartier prend alors le nom de Neubourg (bourg...

En savoir plus »

Evénements

Place du 12-Septembre Cette place ronde est inaugurée en 1989, pour commémorer l’admission du canton de Neuchâtel dans la Confédération suisse le 12 septembre 1814. Cent septante-cinq ans plus tôt, la...

En savoir plus »

Personnalités

Quai Philippe-Suchard Philippe Suchard (1797-1884) suit une formation de confiseur auprès de son frère aîné, à Berne, puis ouvre une boutique de chocolat à Neuchâtel en 1825, avant d’installer un...

En savoir plus »
L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs