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Contre-temps: La non-histoire de l’horloger Martin Frey

Mis en ligne le 03.02.2017 à 05:56
Valère Gogniat

Valère Gogniat

© Hebdo



Valère Gogniat

Cette semaine, dans la page horlogère de L’Hebdo, vous auriez dû lire l’histoire de Martin Frey. Ce personnage, rencontré lors du dernier Salon international de haute horlogerie, est d’abord passionnant.

Je vous aurais dressé le portrait de cet artiste barbu, fort comme un chêne, qui caresse sa montre en parlant de la température de l’acier. Qui se souvient comment son physicien de père réparait la voiture familiale quand ils partaient en vacances. Qui prétend que les montres ne sont pas de simples objets mécaniques mais de véritables «machines philosophiques mesurant quelque chose que l’on ne comprend pas». Qui s’interrompt pour allumer son smartphone et naviguer dans des applications montrant toutes, différemment, le temps qui passe – avec le regard enchanté d’un enfant qui brasse un sac de Lego en imaginant ce qu’il pourrait construire.

Je vous aurais aussi parlé de Martin Frey, cofondateur d’Urwerk, une marque horlogère genevoise dont les produits font voyager. Prenez par exemple leur UR-1001. Cette montre de poche massive indique bien sûr l’évolution du temps en secondes, mais aussi en minutes, en heures, en jours, en mois, en années, sur une tranche de cent ans et sur une autre de mille (mille!) ans… «Cela permet de se demander si le temps existe vraiment, même quand on ne voit plus les aiguilles bouger», affirme Martin Frey dans un clin d’œil.

Cette semaine, on aurait aussi découvert sa propre montre, la UR-210S, une pièce à 145 000 francs qui indique les heures grâce à de petits blocs métalliques pivotant sur eux-mêmes. Ne pas avoir d’aiguilles sur des cadrans classiques, «cela permet de ne pas voir les heures passées et les heures à venir. Et donc d’être davantage dans le moment présent», juge Martin Frey. Il ajoute volontiers que, lorsqu’on indique le temps différemment, on le perçoit différemment…

Il n’y aura rien de tout cela. L’heure est à l’avis de décès. La disparition de L’Hebdo entraîne logiquement l’abandon de ce rendez-vous horloger. Chaque semaine, par petits coups de projecteurs furtifs, cette rencontre a tenté de vous faire découvrir de nouveaux recoins de la galaxie des montres. Elle faisait également écho au magazine Montres Passion, déclinaison de L’Hebdo lancée en 1993. Cette mort est discrète – par rapport à celle d’autres chroniques plus populaires qui fleurissaient dans ce magazine – mais pas forcément définitive. Car Montres Passion sera désormais porté par Le Temps. Et, promis, on essaiera d’y raconter au plus vite l’histoire de Martin Frey. 


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