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Meapasculpa: C’était bien, c’était chouette

Mis en ligne le 03.02.2017 à 05:54

Isabelle Falconnier

Je ne sais pas dire au revoir. Au téléphone, je me répands en «A bientôt», incapable de clore la discussion et de raccrocher. Dans les soirées, je commence à prendre congé, distribuant consciencieusement les bises d’adieu, mais une heure plus tard je suis toujours en train de papoter avec un convive.

Cette semaine, j’aurais voulu vous parler de Penelope – mieux, la défendre: être la femme de, c’est un job, ça empêche d’avoir sa propre vie, et puis on a assez dit que les femmes au foyer méritaient salaire pour ne pas la laisser prendre à son tour sa part du gâteau. J’espère qu’elle en a profité. J’aurais voulu vous parler du gros câlin de Mirka à Roger dans les coulisses du stade de Melbourne après la finale – c’est rare, cet élan public, quasi une première.

Mirka habillée de rose pour la demi-finale, de rose pour la finale: un message, c’est clair, mais quel message? J’aurais voulu vous parler de la statue que Harry et William vont ériger en souvenir de leur mère Diana Spencer devant leur maison, le palais de Kensington – une idée folle, d’enfants inconsolables vingt ans après.

Mais le cœur n’y est pas. Le cœur n’y est plus. Cette conversation que nous menons chaque semaine depuis toujours s’arrête ici. Vous allez me manquer. Trois ans de suite, pour Noël, ma fille m’a offert des pastiches de mes propres chroniques. Avec tout: la mise en pages, le dessin et tous mes tics!

Moi-même, en pleine phase de séduction de mon actuel mari, alors rédacteur en chef d’un magazine illustré ami, je lui avais envoyé une imitation tendre et moqueuse de sa colonne. Oui, c’est ainsi que les intellos s’amusent, mais c’est aussi la preuve que ces quelques lignes que nous autres chroniqueurs produisons chaque semaine ne comptent pas pour beurre.

DSK, les Femen, Nabilla, les femmes voilées, Brangelina, le Viagra, le Petit Prince, le Salon de l’auto, Cantat, la plante de ma grand-mère (paix à ses cendres): j’ai adoré vous parler ici du monde comme il va, et comme je le vois. Vous plaire, vous agacer, vous provoquer, vous faire gamberger, vous convaincre: L’Hebdo a été le messager parfait.

De 2009 à 2014, ma chronique s’est appelée «Ne partons pas fâchés» parce que, c’est vrai, je ne supporte pas les fâcheries. Depuis 2014, elle est baptisée «Meapasculpa»: il n’y a rien de pire que la culpabilité pour vous gâcher la vie et jamais je ne m’excuserai d’avoir un avis contraire – aux autres, au vôtre.

Mais voilà. On cause, on cause, comme au bistrot avec des amis, on se fait du pied sous la chaise, on se jette des regards, on rit avec la tablée, la nuit tombe, on amène le vin. On oublie l’heure, forcément, le temps passe plus vite qu’on ne croit, et soudain le patron dit que c’est l’heure de fermer, d’y aller. On remonte son col, on marche pour rentrer. Il fait froid mais on a le cœur chaud et rempli de la soirée. C’était bien. 

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Hebdo » Chroniques


Curieux Joli texte, amusant. Mais on va vous retrouver n'est-ce pas? Il n'y a pas que L'Hebdo quand même, comme journal en Suisse romande. 13.02.2017 - 10:51

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