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Risque: d’une bulle spéculative à l’autre

Mis en ligne le 30.01.2014 à 05:57

© BITCOINCHARTS



OR-BITCOIN. Le métal jaune ne cesse de perdre de sa valeur depuis l’effondrement de son cours en mars-avril 2013. Il a été remplacé, dans le cœur des spéculateurs, par une monnaie virtuelle créée il...

OR-BITCOIN. Le métal jaune ne cesse de perdre de sa valeur depuis l’effondrement de son cours en mars-avril 2013. Il a été remplacé, dans le cœur des spéculateurs, par une monnaie virtuelle créée il y a à peine six ans.

Dans l’infinité des possibilités de perdre stupidement de l’argent en procédant à des investissements inutilement risqués, deux classes d’actifs se sont succédé: l’or et le bitcoin. L’un comme l’autre sont simples à comprendre, donc aisément accessibles à tout un chacun. Tous deux promettent des gains faciles à qui se montre un peu crédule.

Néanmoins, rien ne semble plus séparer le métal jaune, référence millénaire du stockage de valeur, de la monnaie virtuelle née en 2008 sans aucune autre base économique que la volonté de ses détenteurs d’en posséder.

Et pourtant, leurs évolutions respectives font beaucoup pour les rapprocher. L’or a atteint un sommet à l’été 2011 à plus de 1800 dollars l’once, alors que les Etats-Unis peinaient à s’extirper de la crise financière et que l’Europe avait atteint le fond de sa propre crise de la dette. Il est parvenu tant bien que mal à se maintenir au-dessus de 1600 dollars jusqu’au début du mois de mars 2013, pour s’effondrer ensuite, provoquant au passage une perte de 15 milliards de francs dans les comptes de la Banque nationale suisse.

C’est, aujourd’hui, un actif fatigué d’avoir trop réuni d’attentes et d’espoirs pendant la crise. Il est en train de retrouver une valeur d’équilibre plus juste, que les spécialistes jugent encore inférieure à son cours actuel.

Au contraire, le bitcoin a vu sa valeur exploser. Le 25 octobre dernier, il valait 162 dollars. Le 30 novembre, son cours avait plus que sextuplé pour atteindre la somme ébouriffante de 1216 dollars! Les petits malins qui avaient misé à temps ont pu sabrer le champagne. Mais les aventuriers montés dans le train à la fin de l’année ne peuvent qu’espérer. Le bitcoin oscille désormais aux alentours de 1000 dollars après un creux brutal à 595 dollars début décembre.

Surgi du néant
Cette volatilité élevée, génératrice de profits pour qui sait s’y prendre, n’a pas échappé à Wall Street, où des gérants de hedge funds et de fonds de capital-investissement ont commencé à élaborer des stratégies de placement spéculatives. Le pékin normal peut faire lui aussi ses paris en négociant des contrats futures sur le site internet suédois ICbit. En misant sur l’évolution à venir de la monnaie virtuelle face au dollar… et au renminbi, la monnaie chinoise pourtant encore partiellement inconvertible.

Surgi du néant, créé par Satoshi Nakamoto, dont on ne sait toujours pas s’il s’agit d’un programmateur isolé ou d’un groupe de geeks, le bitcoin est généré par une combinaison d’algorithmes qui nécessitent une puissance telle que seul le regroupement de centaines d’ordinateurs est capable de produire. Apparu en dehors de tout cadre légal, il est apprécié des personnes qui se méfient des pouvoirs constitués, des libertariens, des anarchistes… et des trafiquants en tout genre qui se réjouissent d’échapper aux contrôles antiblanchiment et anti-fraude fiscale frappant les monnaies établies. Les Etats la regardent avec suspicion, même si seule la Chine en a interdit l’usage pour l’instant.

Reste un détail: comment le dépenser? Un journaliste de The Economist ironisait en novembre sur la rareté des achats possibles: «En Grande-Bretagne, je suis limité à un pub et à quelques sites internet qui ne vendent… pas grand-chose, en fait. La chose la plus facile à acheter serait un gramme ou deux d’héroïne.» Le volume quotidien des transactions reste modeste: quelque 20 000 à 30 000 unités seulement changent de mains, une toute petite fraction des transactions de change sur le franc suisse.

Aussi le bitcoin est-il réduit pour le moment à un rôle de stockage de valeur en lévitation, en attendant mieux. C’est, du reste, ce qu’ont fait des hommes d’affaires chinois à la recherche d’alternatives au renminbi, et qui a entraîné l’explosion des cours à la fin de l’an dernier. Si cela, ce n’est pas de la spéculation à très haut risque…


PICS Valeur refuge par excellence, l’or a été le principal bénéficiaire de la crise financière. Il a atteint un sommet à plus de 1800 dollars l’once en août 2011. Le bitcoin, monnaie surgie du néant, a subi une accélération encore plus fulgurante.

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