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Comment préserver ses économies

Mis en ligne le 08.10.2015 à 05:59

© Dessin original de Matthias Rihs



Yves Genier

TAUX NEGATIFS Proches de zéro, les intérêts des comptes d’épargne ne couvrent souvent même plus les frais bancaires qu’ils occasionnent. Les autres solutions de placement peuvent se révéler plus rémunératrices. Mais elles sont aussi plus risquées.

C’est le grand défi auquel les épargnants ne s’attendaient pas: comment éviter de perdre l’argent que l’on a soigneusement mis de côté. Economiser de nos jours, pour acheter une voiture, préparer ses vacances, s’offrir un congé sabbatique, financer l’achat d’une maison, c’est, au mieux, se retrouver avec la mise de départ. Le plus souvent, malheureusement, cette mise est soumise à une lente, mais constante érosion.

La rémunération de l’épargne, déjà fort maigre depuis une dizaine d’années, a été ramenée à des niveaux proches de zéro par les institutions financières qui se livrent pourtant une concurrence sévère pour accueillir ces avoirs. La faute, évidemment, à la crise financière qui n’en finit pas, et à laquelle les banques centrales répondent en activant la planche à billets. Des liquidités supposées réactiver la consommation mais qui finissent trop fréquemment dans les coffres des banques et dépriment les rendements des placements. Ce problème international a été aggravé, en Suisse, avec l’instauration des taux d’intérêt négatifs par la Banque nationale en décembre 2014.

Aussi, les gains que l’épargnant peut retirer d’un dépôt sont généralement trop déprimés pour couvrir les frais bancaires. Entre la tenue du compte, les retraits d’argent au bancomat, l’envoi par poste des décomptes et autres écritures, les coûts atteignent un niveau tel que seuls des dépôts importants se voient offrir une rémunération suffisante pour couvrir les charges.

Les comptes d’épargne: rendement presque à zéro

Prenons l’un des exemples de compte d’épargne les plus attrayants du marché, l’Epargne Bonus de Baloise Bank SoBa. Le taux d’intérêt offert est de 0,5%, l’un des plus élevés actuellement. Pour un placement de 50 000 francs, cela correspond à un rendement garanti de 250 francs par an.

Voyons déjà les coûts. D’abord, l’impôt anticipé de 35% (87,50 francs), que le fisc prélève automatiquement sur tous les intérêts, réduit le rendement net à 162,50 francs. A cette première soustraction s’ajoutent les frais bancaires. L’ouverture d’un ordre permanent s’élève à 5 francs. Chaque paiement est facturé entre 2 et 15 francs selon sa nature (règlement en euros en Suisse, à l’étranger, etc.), hormis les transactions en Suisse en francs, selon les brochures «Les taux d’intérêt» et «Tarifs et prestations de service» publiées sur le site internet de l’établissement.

Le rendement du compte peut donc excéder ses coûts, à la condition qu’il ne soit pas utilisé trop intensément pour effectuer des paiements. Certes, ce n’est pas la vocation d’un tel compte que de multiplier les transactions. Mais les comptes courants de la même banque sont grevés de taxes quasiment identiques.

Le taux d’intérêt élevé du compte n’est servi que la première année. Dès la deuxième, la banque en applique d’autres, moins favorables, ceux du compte d’épargne «Comfort». Le taux d’intérêt est abaissé à 0,025%. Cependant les frais demeurent identiques. Dans cette situation, les revenus bruts d’intérêt plongent à… 12,50 francs pour un placement de 50 000 francs. Un produit très faible pour couvrir d’éventuels frais, comme un virement à l’étranger.

Il y a bien sûr la possibilité de choisir une autre forme de compte ou une banque différente. Il est néanmoins très difficile de comparer la myriade d’offres existant sur le marché en raison de la grande diversité des conditions proposées par les banques. Rien qu’au niveau des frais, une étude de M. Prix de juin dernier montre que les coûts de tenue des comptes s’étagent de 0… à 84 francs par an! De plus, «beaucoup d’épargnants hésitent à franchir ce pas, car ils l’assimilent à un acte de trahison», observe Nadia Thiongane, responsable de politique économique à la Fédération romande des consommateurs.

Le compte d’épargne reste certes une solution commode pour sa quasi-absence de risque (les avoirs sont garantis jusqu’à 100 000 francs par déposant) et sa relative liquidité, les retraits étant possibles en tout temps, avec toutefois certaines limitations. De plus, l’épargnant peut choisir de changer de banque s’il n’est pas satisfait des conditions offertes.

Face à de telles conditions, certaines personnes vident leurs comptes et stockent leurs billets de banque sous leur matelas ou dans d’autres cachettes. Avantage, cela ne coûte rien et l’on termine l’année plus riche qu’on l’a commencée, grâce à la baisse générale des prix (-1% en 2015). L’inconvénient réside dans le manque de sécurité. En cas de vol, aucun remboursement n’est à attendre. «Je ne le conseille pas», avance Nadia Thiongane.

Les fonds monétaires: un peu plus chers, un peu plus risqués

Quelles sont alors les autres options? «Il n’y en a guère, sauf à accepter de prendre des risques», résume Frédéric Ruiz, directeur adjoint à l’Institut supérieur de formation bancaire à Genève (ISFB) et expert en investissements alternatifs. Reste à identifier ceux que peut assumer l’épargnant de la classe moyenne, qui ne peut guère se permettre de perdre des fortunes.

«La première solution, ce sont les fonds monétaires», poursuit l’expert genevois. Autrement dit, des fonds investis dans des obligations à très court terme ou arrivant à maturité, dont les rendements sont particulièrement faibles mais offrant à la fois un niveau de sécurité élevé et la possibilité de retirer ses avoirs à n’importe quel moment. L’avantage de cette solution consiste dans le fait qu’elle est plus liquide qu’un simple compte d’épargne, lequel impose fréquemment des restrictions de retrait au-delà de montants minimaux (généralement 10 000 ou 15 000 francs).
Mais les frais peuvent être relativement élevés, davantage même que ceux d’un compte d’épargne. UBS, par exemple, fait payer, pour son fonds UBS (Lux) Money Market Fund - EUR, catégorie P-acc, deux taxes de 2% du montant déposé au maximum, l’une à l’entrée des fonds, l’autre à leur conversion, auxquelles s’ajoutent des frais courant de 0,64% au maximum, selon l’«Information sur le produit» et la «key investor information» (KII) publiées sur son site internet Fundgate. Soit des coûts allant jusqu’à 4,64% des montants investis.

Ces frais peuvent diminuer de manière importante les gains que l’épargnant est censé retirer. En l’occurrence, le fonds considéré a produit une performance, après paiement de la plupart des frais, de 0,1% en 2014 et de 0% en 2013, toujours selon la KII. Enfin, subsiste le risque de change pour les fonds investis dans d’autres monnaies que le franc. En l’occurrence, le fonds en question est investi en euros, à l’instar d’un grand nombre d’autres fonds monétaires. Si la monnaie unique s’apprécie face au franc, l’épargnant y gagnera au change. Dans le cas inverse, il risque de perdre une part de son avoir.

Les solutions autres que les fonds monétaires sont généralement plus aléatoires, sans que les rendements soient beaucoup plus élevés. En revanche, les frais peuvent être assez substantiels et dévorer l’essentiel de la performance.

Autres placements financiers: secousses à venir

La formule la plus simple est d’investir dans un fonds de placement, qu’il soit investi dans des actions, des obligations, qu’il soit coté en Bourse (exchange-traded fund, ETF) ou non. Ce type de véhicule est en principe facile à comprendre, il est plutôt bon marché et relativement peu risqué. Néanmoins, de très grandes différences peuvent apparaître entre les différents véhicules, aussi bien concernant les possibilités de plus-values (ou de moins-values!), de rendements et de frais.

Quel que soit le fonds choisi, Frédéric Ruiz met en garde l’épargnant intéressé des conséquences sur leurs avoirs de l’évolution prévisible de ces prochains mois: «La Fed (banque centrale américaine, ndlr) devrait en principe commencer à relever ses taux d’intérêt cet automne. Cela va réduire l’attractivité des obligations, dont les prix devraient par conséquent baisser. Traditionnellement, les actions sont en hausse lorsque les taux s’élèvent. Mais si une telle tendance se confirme cette année, elle n’est pas sans risque.» Le krach du 24 août dernier, qui a vu les Bourses chuter de 4% en moyenne en un jour, est là pour le rappeler.

Une approche intéressante en période de cours boursiers élevés et de taux d’intérêt bas consiste à acquérir des actions offrant des dividendes élevés par rapport à leur prix d’achat, et cela sur la durée (lire en p. 8-9).

Précisons les frais. En premier lieu, les dividendes sont frappés, comme les intérêts, de l’impôt anticipé de 35%. Puis chaque établissement additionne ses propres coûts, calculés selon ses méthodes. Ainsi, la banque en ligne Swissquote facture de 9 à 250 francs pour chaque transaction sur sa plateforme, à quoi s’ajoutent encore 15 à 50 francs de droits de garde par trimestre. Les envois de relevés par la poste et autres prestations similaires sont payantes elles aussi, alors que les informations traitées en ligne sont gratuites.

Au final, 10 000 francs placés dans une action Givaudan donnent un rendement brut de 870 francs, et de 240 francs pour le même placement dans une action UBS. Déduit des frais (impôt anticipé, droits de courtage de 35 francs et droits de garde d’un an chez Swissquote), le rendement net après impôts et frais se monte à 470,50 francs, au mieux, pour une action Swiss Re (soit un rendement net de 4,7%) et 61 francs, au mieux, pour un titre UBS (0,6%). Donc, même en considérant les actions les plus rémunératrices de la Bourse suisse sur la durée et en escomptant un traitement favorable en ce qui concerne les coûts, les rendements ne sont guère élevés par rapport aux risques de variation des cours, voire de diminution des dividendes dans les années à venir au cas où ces entreprises subiraient des pertes.

L’immobilier: une valeur compliquée

Reste, pour qui cherche vraiment à gagner de l’argent sans prendre (trop) de risques, l’immobilier. Un secteur qui continue d’afficher des rendements considérables sans paraître plombé par des dangers excessifs.

Il y a deux manières de s’y prendre. La première, la plus évidente, est d’acheter un bien pour soi-même ou pour la location. Après avoir choisi l’objet et négocié le prix, il convient de passer par les étapes habituelles, constitution des fonds propres et contraction d’un emprunt hypothécaire aux meilleures conditions possibles (lire en page 12). Les promoteurs immobiliers promettent des rendements dépassant parfois 8% après impôts, voire davantage, aux candidats à l’achat d’un appartement de rapport. Les experts du marché sont plus prudents. Ils tablent plutôt sur des niveaux de 4 à 5%.

Les frais sont nombreux. En outre, une connaissance pointue du droit du bail est exigée à qui veut se passer d’une agence de location. Dans le cas inverse, celle-ci prélève sa commission sur les loyers versés (aux alentours de 10 à 20%), ce qui réduit encore le rendement net.

Pour qui n’a pas les moyens d’acheter sa villa, son appartement en PPE, sa résidence secondaire ou son studio (sans parler de l’immeuble de rapport), Frédéric Ruiz conseille le recours aux fonds de placement immobiliers, ou les sociétés immobilières cotées en Bourse.

Les premiers sont comme des fonds de placement en obligations, à deux principales différences près: ils sont investis dans un parc immobilier (logements ou bureaux) et toute sortie de fonds doit être notifiée un an à l’avance, selon l’ouvrage de référence Bourse – Guide de l’investisseur, du journaliste spécialisé Pierre Novello*. De plus, les cours des parts (pour les fonds) ou des actions (pour les sociétés immobilières cotées) sont généralement supérieurs à la valeur nette d’inventaire (les actifs totaux). Cette différence est appelée l’agio. Plus cet agio est élevé, plus les risques d’une baisse des cours sont eux aussi élevés. Bien entendu, les fonds immobiliers sont soumis à l’impôt anticipé. Et divers frais érodent leurs rendements.

Sur le grand marché de l’épargne, les concurrents sont nombreux. Mais les possibilités de gains sans risques demeurent rares. Les maigres rendements sont généralement avalés par des frais de toute nature. Au mieux, le client d’une banque peut espérer un modeste bénéfice, toutes taxes comprises. Dans l’ensemble, s’il termine son année au même point qu’il l’a commencée, il peut s’estimer heureux.

* «Bourse – Guide de l’investisseur», de Pierre Novello, Le Temps Editions – Editions Pierre Novello, 177p.


L’épargne réprimée

Taux zéro, frais persistants

Les comptes d’épargne offrent des taux d’intérêt très proche de zéro. Les rendements obtenus par l’épargnant sont si bas qu’ils ne couvrent généralement plus les frais de tenue du compte.

Rares alternatives sûres
L’épargnant peut placer ses avoirs dans des fonds monétaires, qui offrent pratiquement la même sécurité qu’un compte d’épargne, mais les rendements sont très faibles et ne couvrent pas forcément les frais encourus.

Placements risqués
Pour obtenir un rendement dépassant les frais de tenue d’un compte ou d’un fonds, les seules possibilités sont de placer son argent dans des véhicules risqués, comme les fonds en actions ou obligataires, exposés aux retournements des marchés financiers.


Thomas Jordan
Président de la Banque nationale suisse (BNS). L’institution, en instaurant les taux d’intérêt négatifs en décembre 2014, puis en les abaissant encore en janvier 2015, a amené les banques commerciales à réduire leurs taux d’intérêt servis sur des comptes d’épargne.



Hebdo » Finance


Christina2016 Merci pour cet article que je trouve très intéressant en particulier le placement risqué! :) Ce serait super bien si vous pouviez aborder également le cas du prêt et ses éventuelles risques pour le souscripteur. Aux vues des nombreuses plateformes proposant de différentes formules de crédit en ligne comme http://credit-rapide.info/ ou encore http://123pretconsommation.com/, à croire que ce procédé peut véritablement aider à sortir d'un problème financier. 18.04.2016 - 12:00
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29.09.2016 - 20:20

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