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Hebdo » Finance

Edito: couches de frais

Mis en ligne le 04.09.2014 à 06:00
Qu’ils concernent la gestion, la tenue du compte, les transactions ou la garde, les frais découlant de l’épargne sont inévitables. Problème: ils ne sont pas assez visibles. Ni compréhensibles. Les banques, les...

Qu’ils concernent la gestion, la tenue du compte, les transactions ou la garde, les frais découlant de l’épargne sont inévitables. Problème: ils ne sont pas assez visibles. Ni compréhensibles. Les banques, les assurances et les autres instituts financiers déploient des trésors d’ingéniosité pour faire miroiter des perspectives de gains alléchantes. Ils se montrent beaucoup plus discrets sur les coûts. Pourtant, l’impact de ces derniers sur la performance réelle des avoirs de leurs clients est déterminant.

Plus les produits financiers sont compliqués, plus les dépenses sont difficiles à saisir. Pourtant, le client d’une banque ou d’une assurance est en droit de prendre connaissance – et de comprendre clairement! – des montants qui lui seront facturés avant de signer un contrat qui peut l’engager pendant des décennies. Faute de quoi, il court le risque de ne pas récupérer autant d’argent qu’il l’espère.

Un bel exemple de ces coûts cachés a été pendant longtemps le système des rétrocessions. L’on entend par là les ristournes reversées aux banques par des entreprises de gestion de fonds pour les remercier de leur avoir confié des avoirs substantiels et leur payer les frais de gestion correspondants.

Les banques ont omis pendant des décennies de les reverser ou de les annoncer à leurs clients. Pourtant, ce sont ces derniers qui paient. Il aurait pourtant été juste de leur donner la possibilité de profiter à leur tour de ces remises. Hélas, il a fallu une décision du Tribunal fédéral en octobre 2012 pour corriger cette situation. Aujourd’hui encore, il n’est pas toujours facile pour un épargnant de faire valoir ses droits.

Des frais se nichent aussi dans les contrats d’assurance-vie. Alors que les compagnies convainquent chaque année des milliers de nouveaux clients de souscrire à des polices sous la promesse d’avoirs de retraite ou de rentes attractives, elles sont moins loquaces sur la question des coûts facturés. Pourtant, ces clients paient là encore par une érosion des rendements de leurs polices.
Certes, ces mêmes assurés participent aux excédents des rendements des placements de leurs compagnies. Mais ceux-ci sont difficiles à prévoir car ils dépendent de l’état des marchés financiers et de la qualité de la gestion financière de l’assureur. Aussi, le bénéficiaire d’une police ne peut que difficilement prévoir le gain qu’il touchera de sa police d’assurance, en dépit des projections de son assureur.

Les monnaies virtuelles, comme le bitcoin, qui se développent très fort depuis l’éclatement de la crise financière, ont bâti une partie de leur succès sur l’édification d’un univers sans frais. C’est vrai en ce qui concerne les transactions et les transferts de fonds. Quoi de plus séduisant que d’envoyer de l’argent à l’autre bout de la planète sans rien payer?

Malheureusement, ce monde enchanté n’existe que pour les personnes qui détiennent déjà de la monnaie virtuelle. Pour toutes les autres, il y a une barrière à l’entrée: des frais d’acquisition. Acheter des bitcoins implique de passer par un vendeur. Et ce n’est pas donné. Il en coûtera jusqu’à 9% du montant de la transaction, nettement plus qu’un vulgaire transfert de fonds en monnaie classique comme des francs ou des euros. Certes, ces frais sont appelés à baisser si le bitcoin se développe. Mais c’est encore de la musique d’avenir.

Au moins les changeurs officiels jouent-ils cartes sur table. Les banques et les assurances pourraient s’inspirer de cette transparence. A défaut, la Finma, leur autorité de surveillance, pourrait les contraindre à une plus grande clarté. Pour le bien des consommateurs.√Yves GenierResponsable du hors-série capital

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