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Hebdo » Finance

Editorial: remplacer la peur

Mis en ligne le 04.09.2013 à 06:00
Elles se disent en crise. Et pourtant, les banques ne vont pas mal du tout, du moins les plus importantes. Au cours des six premiers mois de cette année, les cinq plus grands établissements cotés en Bourse (UBS, Credit Suisse, Julius Bär, Sarasin et...

Elles se disent en crise. Et pourtant, les banques ne vont pas mal du tout, du moins les plus importantes. Au cours des six premiers mois de cette année, les cinq plus grands établissements cotés en Bourse (UBS, Credit Suisse, Julius Bär, Sarasin et Vontobel) ont enregistré un bénéfice net de 4,4 milliards de francs et leurs clients y ont déposé 44 milliards, deux chiffres clés en nette progression par rapport au premier semestre 2012. Le nombre d’emplois dans l’industrie financière se maintient à 132 000. Malgré six ans de crise et l’effondrement du secret bancaire, le secteur financier helvétique continue, dans l’ensemble, de bien se porter. Sa part à la création de richesse nationale reste l’une des plus importantes du pays, avec près de 11% du PIB, dont la moitié apportée par les seules banques.

En dépit de ces performances plus qu’honorables dans le contexte de crise, la peur reste générale. Traumatisés, les dirigeants bancaires n’arrivent qu’à grand-peine à dégager des solutions d’avenir et n’osent pas embaucher. Il est vrai, à leur décharge, que les affaires ne sont pas faciles pour tout le monde. De nombreux acteurs de petite et de moyenne taille, notamment des gérants de fortune indépendants, ne parviennent pas à s’extirper des difficultés. Leurs clients fidèles les ont en grande partie quittés et ils ne réussissent que difficilement à en attirer de nouveaux. Les coûts progressent en raison du durcissement de la réglementation, amincissant notablement les marges bénéficiaires. A ces problèmes purement économiques s’ajoute un sérieux obstacle mental: quantité de professionnels s’accrochent encore au mythe d’une confidentialité totale alors que celle-ci fait désormais partie de l’histoire. Ce sont souvent des gérants qui avaient basé leur modèle d’affaires sur l’évasion fiscale et qui ne se sont pas adaptés à la transparence grandissante. Aujourd’hui, ils sont aux abois.

En soi, ce n’est que la traditionnelle histoire d’une mutation industrielle. Malheureusement pour la place financière suisse, elle s’accomplit en partie sous la pression politique étrangère, ce qui permet à ses victimes de la nier et de refuser une modernisation pourtant inéluctable. La gestion institutionnelle, la finance durable, le financement du négoce, la gestion de fortune fiscalement conforme sont autant de vecteurs de croissance qui s’affirment sous l’impulsion des banquiers les plus clairvoyants et entreprenants. Certes, les niveaux de rentabilité de ces activités ne sont plus aussi élevés que la bonne vieille gestion de fortune de papa. Mais elles représentent l’avenir. Ceux qui, par intérêt ou par peur du changement, s’accrochent au passé ne font que freiner l’essor naturel d’un pilier essentiel de l’économie suisse.

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