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La relève reste enthousiaste

Mis en ligne le 04.09.2013 à 05:53
YVAN KIRASSIAN Le cofondateur du Finance club, qui réunit près de 150 étudiants du campus lausannois, relève «que les étudiants de HEC  sont conscients que, avec la crise, il faut davantage se battre» pour trouver un emploi dans la finance.

YVAN KIRASSIAN Le cofondateur du Finance club, qui réunit près de 150 étudiants du campus lausannois, relève «que les étudiants de HEC sont conscients que, avec la crise, il faut davantage se battre» pour trouver un emploi dans la finance.

© Darrin Vanselow



REPORTAGE Malgré la crise, les filières de formation en finance restent toujours aussi demandées. Rencontre avec les étudiants de HEC, les cadres bancaires de demain. Patricia Meunier A la cafétéria du...

REPORTAGE Malgré la crise, les filières de formation en finance restent toujours aussi demandées. Rencontre avec les étudiants de HEC, les cadres bancaires de demain.

Patricia Meunier

A la cafétéria du bâtiment de l’Internef, sur le campus de l’Université de Lausanne, l’ambiance est encore plus studieuse en cette fin de mois de juin que le reste de l’année académique. Comme beaucoup d’autres, les étudiants des Hautes études commerciales (HEC), la référence romande en finance, sont en pleins examens. Très motivés par leur avenir, ils ont déjà des idées assez précises sur ce qu’ils vont faire lorsqu’ils quitteront le nid de Dorigny: certains suivront différents stages pour acquérir de l’expérience et un réseau, d’autres se perfectionneront encore sur les bancs d’école. Un engagement qui démontre que, même si la crise manifeste encore ses effets, que le marché de l’emploi reste difficile dans la banque, l’intérêt pour le secteur apparaît intact auprès de la relève, très consciente des enjeux qui se jouent sur la place financière suisse.

«Les cours sur les marchés attirent toujours beaucoup de monde. Nous y apprenons énormément de choses que nous pourrons utiliser dans plusieurs domaines, si nous ne trouvons pas de place de travail dans la branche étudiée», confie Arnaud Mathieu, élève en 3e année. Le jeune homme prévoit de poursuivre par un master en finance après une année de stage dans des grandes entreprises. «A l’instar de nombreux étudiants, je suis attiré par les institutions bancaires. Mais je privilégie l’aspect international pour pouvoir découvrir différentes manières de travailler.» Alors qu’est-ce qui fait encore rêver les futurs professionnels dans l’univers financier?

Master en fête

Les statistiques des effectifs au master en finance de HEC ne confirment pas seulement l’intérêt estudiantin, elles prouvent que la branche rencontre un succès croissant au fil des années. Alors qu’ils n’étaient que 56 au lancement de ce programme, il y a près de vingt ans, 94 élèves se sont inscrits au semestre de l’hiver dernier, après un record de 110 en 2012. Même au lendemain de la débâcle bancaire de 2008, 105 personnes s’étaient immatriculées. «Une véritable explosion! La crise a poussé de nombreux jeunes à continuer leurs études, analyse Michael Rockinger, directeur de ce master. La branche suscite toujours un intérêt très fort. Il s’agit en outre d’un cursus spécialisé parmi les plus difficiles de ceux que propose la faculté. Les étudiants qui le terminent bénéficient d’une culture générale extrêmement bonne pour la suite de leur parcours dans la vie active.» La matière apprise au travers d’un cursus de finance «ne peut pas s’acquérir dans la pratique uniquement. Les bases théoriques sont nécessaires, relève encore Arnaud Mathieu. En comparaison, les compétences en management peuvent s’apprendre avec de l’expérience.»

De la motivation, les étudiants en manifestent aussi pour saisir les enjeux de la vie économique et comprendre son histoire. L’enseignement met désormais en avant les errements de la finance traditionnelle et le caractère mythique d’une théorie peu contestée avant la crise, celle des marchés efficients (qui postule que les marchés financiers reflètent toujours la vérité). «Ces cours utilisent certains événements historiques et, en comprenant les erreurs commises, montrent comment les modèles peuvent être améliorés», argumente Michael Rockinger.

En revanche, la demande en formations continues pour professionnels diminue. La Swiss Financial Analysts Association (SFAA) constate une baisse régulière des inscriptions au niveau suisse depuis 2008. De 300 étudiants, l’effectif est tombé en dessous de 200 en 2013. «Cette situation résulte bien sûr de la crise. Les incertitudes ont incité les employeurs à limiter les formations externes», confirme Gregoire Coppey, responsable des opérations au Centre de formation des professionnels de l’investissement (AZEK) à Bülach (ZH). Du côté du Swiss Finance Institute, on observe qu’il existe une tendance pour des filières plus courtes et standardisées. En outre, les cours réalisés à distance deviennent plus populaires. L’institution comptabilise une participation qui se situe entre 300 et 400 personnes par année pour des modules de plus d’une journée.

Embauche plus complexe

La finance exige des qualifications de plus en plus pointues de la part des nouveaux employés et, naturellement, donne la priorité aux plus diplômés. «Les étudiants qui suivent le master se dirigent pour la plupart vers des institutions spécialisées, même s’ils savent que le marché du travail reste difficile dans ce secteur. Globalement, même s’ils mettent plus de temps à trouver un job et doivent se soumettre à des processus de recrutement de plus en plus poussés, ils gardent confiance», précise Dorothée Bodin, consultante en ressources humaines au Career World, l’agence de placement de HEC. Il est vrai que de nouvelles opportunités d’embauche apparaissent en raison du resserrement de la régulation financière.

En créant l’an dernier le Finance club, qui réunit près de 150 étudiants du campus, «nous avons constaté que les jeunes de HEC sont toujours aussi passionnés. La crise n’a pas réussi à les démotiver alors qu’ils sont conscients qu’il faut davantage se battre», explique Yvan Kirassian, cofondateur du club avec Arnaud Mathieu.

Cette organisation a pour principale mission d’initier les étudiants à la réalité du monde professionnel. Cela au travers de cycles de conférences, de visites dans des salles de marché ainsi que d’un jeu boursier. Des activités qui sont proposées notamment aux jeunes de première année qui doivent intégrer des matières très abstraites, dominées par les statistiques et les mathématiques.

Leurs examens terminés, les étudiants de HEC passent leur été en stage d’entreprise pour vérifier si la finance répond vraiment à leurs aspirations.

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