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Le chemin de croix des structurés

Mis en ligne le 04.09.2013 à 05:54

CHRISTIAN REUSS Le directeur de Scoach, plateforme de négoce des produits structurés, constate «une certaine stabilisation».

CHRISTIAN REUSS Le directeur de Scoach, plateforme de négoce des produits structurés, constate «une certaine stabilisation».

UNE LONGUE BAISSE Combinant un titre (action ou obligation essentiellement) et un dérivé, les produits structurés devaient faire entrer l’ingénierie financière de haut niveau dans les portefeuilles des ménages. Après un pic en 2007, cette classe d’actifs a perdu beaucoup de son attractivité. Source: Association suisse des produits structurés.

UNE LONGUE BAISSE Combinant un titre (action ou obligation essentiellement) et un dérivé, les produits structurés devaient faire entrer l’ingénierie financière de haut niveau dans les portefeuilles des ménages. Après un pic en 2007, cette classe d’actifs a perdu beaucoup de son attractivité. Source: Association suisse des produits structurés.

  1. Le chemin de croix des structurés

    CHRISTIAN REUSS Le directeur de Scoach, plateforme de négoce des produits structurés, constate «une certaine stabilisation». © Michael Kessler, Scoach. 2013
  2. Le chemin de croix des structurés

    UNE LONGUE BAISSE Combinant un titre (action ou obligation essentiellement) et un dérivé, les produits structurés devaient faire entrer l’ingénierie financière de haut niveau dans les portefeuilles des ménages. Après un pic en 2007, cette classe d’actifs a perdu beaucoup de son attractivité. Source: Association suisse des produits structurés.

PRODUITS FINANCIERS C’était la grande idée des banques suisses. Mais après avoir subi des pertes sévères en 2009, les clients ont fui et hésitent toujours à revenir. L’industrie espère...

PRODUITS FINANCIERS C’était la grande idée des banques suisses. Mais après avoir subi des pertes sévères en 2009, les clients ont fui et hésitent toujours à revenir. L’industrie espère néanmoins un nouvel envol.

Patricia Meunier

Une moitié en moins! Les produits structurés ont sévèrement souffert de la crise. Leurs volumes ont fondu par rapport à ceux d’il y a cinq ans. Cependant, plusieurs spécialistes observent que cet instrument financier composé d’un titre (action, obligation, indice boursier, devise, voire matière première, qui constitue le sous-jacent) et d’un dérivé (par exemple une option) commence peu à peu à susciter de nouveau de l’intérêt chez certains investisseurs. Il récupère ainsi petit à petit de la forte dégradation survenue après 2008 pour se stabiliser aux alentours des niveaux des années 2005-2006.

«Les volumes sont assez bons aujourd’hui et nous constatons que les structurés sont mieux utilisés dans les portefeuilles. Les variations de cours sont aussi moins grandes qu’au printemps 2012», confirme François Brunetti, responsable de cette classe d’actifs à la banque Lombard Odier, à Genève. Reste qu’ils sont soumis à une dure concurrence. En premier lieu celle des fonds cotés en bourse (ETF, exchange traded funds). Les transactions sur ces derniers dépassent celles portant sur des structurés depuis 2008.

Les produits structurés sont classés en quatre catégories principales. Les plus répandus, car les plus sûrs, sont ceux qui permettent de protéger la totalité ou une partie du capital. A l’autre extrémité de l’échelle de risque se trouvent les produits à levier, qui incluent une part de dette et peuvent provoquer, au pire, la perte de la totalité de la mise de l’investisseur. Entre deux se trouvent les produits dits d’optimisation (rendement basé sur un coupon fixe mais dont l’éventuelle plus-value du sous-jacent échappe à l’investisseur) et de participation (où l’investisseur profite de l’éventuelle plus-value du titre sous-jacent).

Si l’on se penche sur leur histoire, 2007 constitue une année record pour ces instruments financiers. L’engouement s’est calmé depuis lors en raison de la crise financière de 2008. C’est en 2009 qu’ils ont connu leur pire année, lorsque le public les a désertés en raison des gros doutes sur la solidité des banques émettrices. Lancée au début des années 2000, cette classe d’actifs a décollé dans les années 2004-2005 et a accompagné l’envol des bourses des années 2006 et 2007, avec des volumes toujours plus importants. Avec un cadre réglementaire minimal.

Tendance baissière

«Le déclin des volumes des structurés cotés en bourse est similaire à celui des autres actifs financiers. Selon les statistiques de la Banque nationale suisse, leur volume est estimé à 180 milliards de francs, contre 337 milliards en 2007. En revanche, nous constatons une certaine stabilisation depuis un semestre environ», observe Christian Reuss, directeur de Scoach by SIX, plateforme de négoce des produits structurés à Zurich.

Or, Scoach ne traite pas toutes les opérations. Ces statistiques reflètent une partie seulement des transactions, car «de nombreux produits ne sont pas listés en bourse et se traitent de gré à gré, il est donc difficile de connaître les volumes exacts traités», explique François Brunetti.

Le volume de chaque nouvelle émission a aussi changé. «Avant la crise de 2008, les structurés avaient une part de marché grandissante dans les portefeuilles, et les émissions au-delà de 5 millions de francs étaient fréquentes. Après 2008, les clients ont appris, souvent à leurs dépens, le fonctionnement de ces instruments et ce que signifie le risque d’émetteur, l’importance d’assurer un marché secondaire, la liquidité entre autres facteurs déterminants du choix. Cela s’est traduit par une baisse drastique des volumes et la taille moyenne est proche de 2 millions de francs», précise Stefano Spurio, responsable des investissements et de l’advisory pour la Suisse romande chez Julius Bär.

Selon l’Association suisse des produits structurés, le nombre de nouvelles émissions a atteint un record en 2011, avec plus de 50 000 nouveaux produits mis sur le marché, avant de se tasser quelque peu l’année suivante. L’année 2013 devrait se situer dans la moyenne, entre 45 000 et 50 000.

Priorité au rendement

Les produits structurés offrent un certain nombre d’avantages. «Ils peuvent représenter des structures de paiement asymétriques qui permettent de se couvrir contre une baisse des prix. Ensuite, ils sont facilement accessibles même pour de petits investisseurs. Enfin, ils représentent des durées d’investissement attractives. Nous ne doutons pas qu’ils resteront très présents auprès des clients dans le futur», détaille encore Christian Reuss. En revanche, on ne peut tabler sur un retour aux volumes d’avant la crise, car l’acheteur reste sur ses gardes, épuisé par les différentes poussées d’adrénaline de ces quatre dernières années. En tout cas sur le court terme.

En période de taux d’intérêt bas, les produits de rendement et de participation (des catégories risquées) ont la faveur du marché. Ceux à capital garanti (à moindre risque) sont moins intéressants, voire pas du tout, lorsque les taux sont quasi nuls, comme c’est le cas depuis la mi-2011. «On estime le gain entre 5 et 10% par année pour un structuré avec rendement si l’on prend un risque modéré», relève François Brunetti.

Outre la plus-value, l’investisseur met l’accent sur une recherche de la qualité. «Cette baisse des volumes s’explique aussi par le fait que notre volonté est d’intégrer les produits structurés dans un contexte de portefeuille lié à un scénario économique et que, par conséquent, on s’éloigne du modèle de vente de produits structurés en tant que tel. Notre modèle d’affaires privilégie une qualité dans le conseil plutôt que dans la quantité vendue», analyse encore Stefano Spurio.

Désormais, l’acheteur veut connaître le fonctionnement de ce qu’il acquiert. Et bien sûr être certain qu’il investit en accord avec son profil d’investissement.

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