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Les produits structurés œuvrent à leur redémarrage

Mis en ligne le 12.11.2012 à 09:45
Pic en 2007. La fortune placée dans des produits structurés atteignait 361,2 milliards en septembre pour redescendre légèrement en fin d’année. Depuis lors, le volume a baissé pratiquement de moitié, avec 188,8 milliards à la fin mai, le chiffre le plus bas depuis six ans.

Pic en 2007. La fortune placée dans des produits structurés atteignait 361,2 milliards en septembre pour redescendre légèrement en fin d’année. Depuis lors, le volume a baissé pratiquement de moitié, avec 188,8 milliards à la fin mai, le chiffre le plus bas depuis six ans.

© Source: Association suisse des produits structurés



REPOSITIONNEMENT Le segment stratégique pour la place financière s’est beaucoup réformé. Mais peine à regagner la confiance des clients échaudés par la crise financière.Moyen commode de glisser des instruments sophistiqués de placement dans les...

REPOSITIONNEMENT Le segment stratégique pour la place financière s’est beaucoup réformé. Mais peine à regagner la confiance des clients échaudés par la crise financière.

Moyen commode de glisser des instruments sophistiqués de placement dans les portefeuilles des particuliers, les produits structurés étaient promis à une belle ascension. L’ayant vite compris, la place financière en a fait l’une de ses forces, en se hissant dans le trio de tête mondial en matière de fonds sous gestion, notamment par la mise en place de la Bourse Scoach en 2007, spécialisée dans le négoce de tels instruments.
Las, le segment rencontre de grandes difficultés à se remettre de la crise. Fin mai dernier, derniers chiffres disponibles au moment de mettre sous presse, la fortune placée atteignait 188,2 milliards de francs (4,46% de la fortune gérée en Suisse), en baisse  par rapport au précédent point bas de 190,6 milliards de francs touché en juillet 2011. C’est juste en-dessus de la moitié du record de 361,2 milliards atteints en septembre 2007 (6,8% de la fortune gérée).

Nouvelle gamme. La faillite de Lehman Brothers n’allait pas qu’entraîner une déstabilisation majeure de la finance. Ses conséquences ont mis crûment à jour les défauts des produits structurés, qui passaient alors pour les formules magiques: la complexité et l’opacité d’instruments financiers alliant généralement une action ou une obligation avec un instrument dérivé.
Les pertes subies par des milliers d’épargnants alliées à un durcissement des règles par la Finma – en matière de distribution et de publicité principalement – ont conduit l’industrie, emmenée par des banques comme Vontobel et la BCZ, à des réformes de fond. Désormais, les catégories de dérivés répondent à des définitions claires. Un autre risque a été circonvenu: celui d’émetteur. Que ce dernier fasse défaut, en cas de faillite par exemple, et les produits structurés qu’il a écoulés sur le marché perdent leur valeur. Pour parer à ce danger, une gamme spéciale a été créée en 2009, les produits COSI (pour collateral- secured instruments). Certificats garantis par
nantissement, ces titres sont basés sur des actifs détenus par la banque servant explicitement de garantie.
Malgré ces simplifications, ces assurances
et des efforts accrus d’information du public par les banques, le marché peine à redécoller. Ces instruments ne se défont pas d’une certaine réputation sulfureuse alors que la recherche de sécurité est au cœur des préoccupations des investisseurs privés. De plus, la Finma a pointé des insuffisances dans la protection des investisseurs lors d’un contrôle publié en décembre 2011. Les produits structurés les plus demandés sont, du reste, ceux qui assurent une protection du capital. Alors que les produits à levier (qui font appel à une part d’endettement) étaient passablement recherchés avant la crise, ils ont été relégués dans les échelles des attentes du public.
«Les produits structurés appartiennent au passé. Ils ne répondent plus aux exigences de transparence du public. Ainsi, il est extraordinairement difficile d’établir une corrélation entre un certain état des marchés financiers et l’évolution de nombre de structurés, en raison de leur complexité et de leur opacité. De plus, ils sont chers», juge Michael Rockinger, professeur de finance au Swiss Finance Institute à Lausanne.
Les produits les plus réclamés aujourd’hui ressortent de la catégorie protection du capital, qui allie généralement une obligation à une option, devant les outils d’optimisation de la performance, qui se basent le plus souvent sur l’alliance d’une action à un dérivé.

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Dérivés essouflée, la Bourse Scoach affronte une nouvelle concurrence

Ouverte en janvier 2007 par SIX Swiss Exchange à Zurich et Deutsche Börse à Francfort, la plateforme de négoce de dérivés Scoach a vécu un démarrage en fanfare suivi de cinq ans de succès. Mais au moment où ses affaires plongent apparaît son premier concurrent sur le marché suisse des dérivés, Swiss DOTS, lancé par le trader en ligne Swissquote avec le soutien de deux poids très lourds, UBS et Goldman Sachs.
Le lancement de Scoach avait permis d’organiser un marché des dérivés et des produits structurés qui s’exerçait alors essentiellement sur une base OTC (Over The Counter, de gré à gré). Rapidement, la Bourse spécialisée, active aussi bien à Zurich qu’à Francfort pour couvrir les marchés suisse et européen, a vu le volume de ses transactions s’accroître. Il a atteint le volume de 62 milliards d’euros en 2011 (deux tiers à Zurich, un tiers à Francfort), traitant 800 000 produits, ce qui la classe au premier rang mondial.
La tendance s’est inversée dès la mi-2011 avec une chute spectaculaire de 65% du volume des transactions entre le pic de mai (6 milliards de francs) et avril 2012 (2,1 milliards). Depuis, les affaires reprennent mais demeurent en dessous de la moyenne de 3 milliards de francs.
C’est à ce moment précis que Swissquote, UBS et Goldman Sachs ont ouvert leur propre plateforme de trading d’instruments dérivés (options, futures principalement). Le courtier en ligne basé à Gland offrait sa plateforme de courtage à deux banques à la recherche d’un site neutre pour écouler leurs quelque 20 000 dérivés. N’étant pas constitué en Bourse, Swiss DOTS n’est pas soumis à la surveillance directe de la Finma.
«C’est une plateforme innovante pour la Suisse. Sans être tout à fait un Dark Pool (place d’échange de très gros ordres), elle élargit au grand public le négoce de gré à gré pratiqué par les professionnels. Son offre est néanmoins limitée à celle de deux banques», commente Michael Rockinger, professeur de finance au Swiss Finance Institute à Lausanne.
L’arrivée de ce nouvel acteur a été critiquée par Scoach, qui y a vu un danger pour le développement de ses propres affaires. «Nous craignons que l’objectif soit une élévation de la profitabilité au détriment de celle de la protection des investisseurs et de la transparence», a affirmé Christian Reuss, le directeur de Scoach, à l’agence Reuters en mai dernier. A quoi Henrik Takkenberg, l’un des fondateurs de Swiss DOTS, a répondu dans Finanz und Wirtschaft que «les expériences en Allemagne
et en France montrent que les investisseurs accueillent favorablement les plateformes de négoce OTC».
Le démarrage en cours de Swiss DOTS ne permet pas encore de mesurer l’impact de la disparition du monopole de Scoach sur le négoce des dérivés en Suisse et ne préjuge pas non plus d’un nouveau durcissement de la réglementation par la Finma.

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