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"Préparons-nous à l’éventualité de l’échange automatique d’informations"

Mis en ligne le 09.11.2012 à 14:00
Pierin vincenz Le directeur général du groupe Raiffeisen a choqué ses pairs en envisageant ouvertement l’échange automatique d’informations  fiscales au lieu de défendre bec et ongles le secret bancaire.

Pierin vincenz Le directeur général du groupe Raiffeisen a choqué ses pairs en envisageant ouvertement l’échange automatique d’informations fiscales au lieu de défendre bec et ongles le secret bancaire.

© Gaetan Bally, Keystone



PIERIN VINCENZ Le directeur de Raiffeisen, troisième plus grand groupe bancaire de Suisse, plaide pour une discussion ouverte sur l’avenir de la place financière.Il arrive seul, détendu, au rendez-vous fixé en ce lundi 2 juillet à l’hôtel Widder, au...

PIERIN VINCENZ Le directeur de Raiffeisen, troisième plus grand groupe bancaire de Suisse, plaide pour une discussion ouverte sur l’avenir de la place financière.

Il arrive seul, détendu, au rendez-vous fixé en ce lundi 2 juillet à l’hôtel Widder, au centre de Zurich. D’habitude, un grand patron de banque ne répond à une interview qu’accompagné d’assistants, dont son chef de presse. Pas Pierin Vincenz. «Je sais parfaitement ce que j’ai à dire», explique le directeur général du groupe Raiffeisen. C’est donc dans un pur face-à-face, sans intermédiaires, que le banquier, l’un des plus puissants de Suisse, développe sa vision sans tabous de l’avenir de la place financière suisse.

L’OCDE envisage toujours plus de considérer l’échange automatique d’informations comme un standard international. Devrons-nous nous y adapter?
Nous devons d’abord nous concentrer sur le règlement du passé et des fonds fiscalement non conformes. Le modèle de l’impôt libératoire (Rubik) est une bonne approche pour cela. Il existe toutefois un risque de multiplication des solutions spéciales, ce qui serait une très lourde charge pour la Suisse. Pour l’évolution de ce standard, les options envisageables sont par exemple les demandes groupées ou l’échange d’informations.
Nous devons trouver des solutions avec l’Europe et négocier des avantages pour la Suisse. Le 17 juillet, l’OCDE a déjà décidé, avec l’accord de la Suisse, d’autoriser les demandes groupées sur la base de certains modèles comportementaux de clients. Nous ne devons pas craindre d’aborder cette question ouvertement, car de nombreuses banques, en Suisse, ont des modèles d’affaires suffisamment robustes pour s’y conformer avec succès. Même si l’échange automatique n’est pas inscrit officiellement au programme de l’OCDE, il vaut mieux se préparer à l’éventualité de cette inscription, à laquelle nous devrions nous conformer dans les cinq à dix ans à venir.

La branche doit-elle donc vraiment se battre pour l’instauration d’un impôt à la source, la solution Rubik, avec nos principaux voisins, quand bien même cette solution ne sera pas applicable sur le long terme?
C’est une formule raisonnable pour régler le passé et accorder aux banques le temps nécessaire pour s’adapter au nouvel environnement international. Mais l’instauration d’un tel régime sera conditionnée par son acceptation par les grands pays comme l’Allemagne ou la France. Si la Suisse ne parvient pas à un accord avec ces deux Etats, il lui sera difficile d’appliquer les standards de l’OCDE, qui comprennent également un volet sur l’échange automatique d’informations. Au contraire, si elle réussit, comme elle est parvenue avec le Royaume-Uni et l’Autriche, elle gagne quelques années pour se préparer à la nouvelle donne. La tendance internationale est d’accorder toujours plus de droits aux gouvernements pour obtenir des informations sur les dépôts de leurs résidents à l’étranger afin de les soumettre à l’impôt. A l’étranger, la relation de bonne foi entre l’Etat et le citoyen n’est pas aussi considérée qu’en Suisse.

Patrick Odier, le président de l’ASB, fait-il fausse route en s’engageant comme il le fait en faveur de Rubik?
Non, car il faut régler le passé, une étape importante pour préparer l’avenir. Et celui-ci se conjugue en plusieurs temps. A court terme, il est important d’instaurer le système de retenue à la source (Rubik, ndlr). C’est la question à laquelle les citoyens seront appelés à répondre le 25 novembre prochain, lorsque le référendum lancé par l’ASIN sera soumis au peuple. Quant à savoir si l’impôt à la source est une formule applicable à long terme, cela dépend du nombre d’Etats européens qui adopteront ce modèle. On ne pourra pas envisager d’équivalent possible à l’échange automatique d’informations tant qu’un grand nombre d’Etats, dont impérativement l’Allemagne, n’auront pas introduit l’impôt à la source. Cette étape devra être atteinte et garantie par traité international pour assurer la pérennité du modèle au sein de l’UE à moyen et long terme. Dans le cas contraire, l’impôt à la source sera pour nous une solution transitoire extrêmement coûteuse et complexe.

Comment vous expliquez-vous donc les violentes réactions de vos collègues banquiers après que vous avez exprimé votre intérêt pour l’échange automatique d’informations en avril dernier?
Le public n’est pas assez associé à la discussion sur le secret bancaire. Je suis pour ma part convaincu de la nécessité d’expliquer à la population suisse les différents modèles existants et envisagés, vu qu’elle aura à se prononcer sur ce sujet par le vote. Il faut lui expliquer les avantages et les inconvénients d’un impôt à la source par rapport à ceux de l’échange automatique d’informations. Aussi, je regrette que la discussion publique, en Suisse, soit plus portée sur les débats intérieurs allemand et britannique en vue de la ratification de Rubik que sur une discussion clairement orientée sur les avantages et les inconvénients du secret bancaire pour la Suisse.

On vous a reproché d’apporter la division dans le monde bancaire alors que Patrick Odier demande que l’industrie parle d’une seule voix. Comment prenez-vous ces critiques?
Nous devons rester unis, il n’y a pas de doutes là-dessus. Mais nous devons aussi discuter.
A la direction du groupe Raiffeisen, j’ai l’habitude que l’on examine différents concepts dans le cadre d’un échange d’opinions ouvert. Cela n’empêche pas chaque membre de l’industrie bancaire d’afficher sa solidarité avec l’ensemble de la branche et de défendre les projets de celle-ci devant le peuple. Il n’est pas si difficile pour un profane de comprendre comment fonctionne une banque. En fait, c’est un métier assez simple. Ce n’est que ces dix dernières années que nous l’avons compliqué de manière insensée. Malgré cette évolution, 80% de notre métier reste facile à comprendre pour la population: nous collectons des dépôts, accordons des crédits et assurons le trafic des paiements.

Comment expliquez-vous la fébrilité, voire la violence des réactions que vous avez suscitées?
Pendant des décennies, la discrétion était considérée comme l’une des vertus suprêmes du banquier. Depuis trois ou quatre ans, la branche est plongée au cœur du débat public et doit répondre à des questions qu’elle n’a pas l’habitude de voir traitées en pleine lumière, comme l’évasion fiscale et l’argent gris. C’est encore très nouveau pour des banquiers qui ne sont pas habitués à devoir répondre publiquement à ces questions.

La raison de cette agitation est-elle culturelle ou est-elle provoquée aussi par des raisons commerciales?
La gestion d’avoirs non fiscalisés avait son attrait. En plus, elle était plutôt facile à réaliser et pratiquement dénuée de risques. Aujourd’hui, la situation de la banque suisse est comparable à celle de l’industrie horlogère au tournant des années 80. C’est à la Swatch, une petite montre bon marché, que les horlogers ont dû d’avoir survécu à la crise des années 70. Et aujourd’hui, que se passe-t-il? Les montres qui se vendent le mieux sont des objets de grand luxe. Nous nous en sortirons quand nous mettrons l’accent sur les performances de gestion, le service à la clientèle, des qualités qui ont été quelque peu reléguées au second rang jusqu’à récemment.

Que pensez-vous de l’accord conclu entre la Suisse et les Etats-Unis pour appliquer le Fatca chez nous?
C’est une approche à saluer si elle nous évite les contraintes posées par une application pleine et entière du Fatca. Nous n’aurons connaissance des détails qu’une fois que l’accord aura été signé. Il nous reste à régler le passé, par un accord global entre plusieurs banques suisses d’une part, le Département de la justice et l’IRS (le fisc américain, ndlr) d’autre part. Le résultat n’est pas encore connu. Cela dit, l’application de l’accord représente une charge importante pour les banques suisses en raison de sa complexité. Pour les établissements ayant peu de relations avec les Etats-Unis, les coûts seront considérables.

Le secret bancaire, pour les questions fiscales, existe-t-il encore pour les clients américains?
En réalité, non. Pour les citoyens américains, quel que soit leur domicile ou leur nationalité, les obligations de communiquer deviennent drastiques avec le Fatca. Elles accordent aux autorités américaines un accès facile à l’information. De plus, les demandes de groupe vont être autorisées. Un client américain n’est donc plus protégé face aux autorités de son pays.

La Suisse est-elle condamnée à conclure des accords de ce type avec d’autres pays?
Le modèle d’affaires qui consistait à attirer des fonds étrangers en Suisse pour les gérer en laissant aux clients la possibilité de ne pas les déclarer n’est plus possible. Nous devons en premier lieu régler le passé. Cela dit, la gestion de fonds déclarés représente une opportunité formidable. Mais ce virage a son prix.

Combien?
La livraison de la substance fiscale, qui pourrait représenter 35% de la masse gérée, si l’on suit la moyenne des modèles retenus jusqu’à présent pour régler le passé. Cela aura des conséquences sur la profitabilité des banques qui étaient jusqu’ici fortement exposées à la gestion de fortune transfrontalière de fonds non déclarés. Mais nous avons aussi la chance unique de nous profiler comme gérants de fonds déclarés. Cette chance, nous devons la prendre au sérieux. Mais nous devons réfléchir aux conséquences sur la relation de confiance entre le contribuable suisse et ses autorités fiscales. Nous devons éviter que cette relation soit dégradée au rang de celle que connaissent nos voisins.

Le Département fédéral des finances doit présenter, en septembre, sa stratégie pour la place financière, dite aussi «stratégie de l’argent propre». Comment l’envisagez-vous?
Le concept de l’«argent propre» accède au rang de norme internationale et savoir si la Suisse doit s’y conformer n’est pas à discuter: nous devons viser la conformité fiscale avec notre clientèle. Mais pas par le biais d’une autodéclaration fiscale exigible envers le client. Une application sérieuse de ce principe serait trop compliquée à mettre en œuvre. En outre, les banques seraient alors chargées de tâches souveraines qu’elles ne pourraient accomplir par manque de légitimité et qu’elles ne voudraient pas non plus accomplir car elles ne sont pas instrument de l’Etat. Nous devons aussi protéger la sphère privée à l’intérieur de la Suisse. Il ne faut pas introduire dans le pays un système qui ferait des clients domiciliés en Suisse des citoyens «transparents».

Comment jugez-vous le travail de la Finma: est-elle pondérée ou trop sévère?
Soumise à la pression de la crise financière, elle est évidemment placée sous le feu de la critique de par son mandat légal. Elle cherche à réguler davantage et à accroître sa surveillance des banques, ce qui suscite évidemment quelques tensions avec certains établissements. Le secteur financier aimerait une réglementation plus légère. Mais la pression internationale va précisément dans le sens inverse. Nos relations avec la Finma, dont les réflexions paraissent sensées, sont pondérées dans les activités de surveillance quotidiennes. Nous avons toutefois une approche fondamentalement différente de la profession: la Finma est persuadée que la confiance est une bonne chose, mais que le contrôle est mieux. J’estime pour ma part que le contrôle c’est bien, mais que la confiance, c’est mieux.

La diversité de la place est-elle en danger?
En ce moment, oui. Les grandes banques ou les banques privées actives à l’international monopolisent aujourd’hui l’attention du public. Mais les banques nationales, avec leur excellente réputation et leur solide engagement en faveur de l’économie réelle, contribuent fortement à la diversité de la place bancaire et financière suisse. Ces banques doivent faire entendre leur voix s’il y a ajustement des conditions-cadres de la place financière par les pouvoirs politiques.

Les prévisions de croissance établies par le cabinet d’audit Boston Consulting Group à l’intention de l’ASB identifient, dans l’ordre, la gestion de fortune, la banque de guichets et la gestion institutionnelle comme les trois principaux piliers de la place à l’avenir. Rejoignez-vous cette conclusion?
La banque de guichets va garder son importance, comme dans n’importe quel pays. Elle doit éviter une surréglementation, vu qu’elle a admirablement bien résisté à la crise financière. La gestion de fortune aura toujours sa place car elle répondra à la demande étrangère à la recherche de qualité du service, de stabilité et de sécurité. Mais les banques ne pourront en profiter que si elles savent mettre en avant des modèles d’affaires robustes orientés vers la satisfaction de leurs clients. On peut améliorer l’attractivité de cette industrie par des aménagements fiscaux et par une meilleure formation. Elle offre un grand potentiel aux banques qui s’y lanceront pour autant que nous parvenions à créer des conditions-cadres adéquates.

La Suisse ne s’inscrit qu’au 6e rang des places européennes pour la fortune gérée dans des fonds de placement, loin derrière le numéro un, le Luxembourg. La Finma est moins à la pointe de la réglementation que ne l’est la CSSF, son homologue du grand-duché. Comment compenser ce retard?
Créer ces conditions favorables nous prendra du temps, ne serait-ce que pour améliorer le cadre fiscal à même de faire de la Suisse un lieu d’implantation de choix pour les gérants internationaux. L’exemple du Luxembourg montre que cela ne doit pas être si difficile à réaliser. Mais il me paraît essentiel d’attirer en Suisse des institutions de classe internationale. Si nous y parvenons, nous pourrons développer un savoir-faire encore plus pointu qu’il ne l’est actuellement grâce à l’arrivée d’experts et de technologies. Nous avons les moyens d’y arriver. N’avons-nous pas érigé le Swiss Finance Institute, qui se hisse à la pointe de la recherche internationale en finance? Nous disposons des bases. Reste à mettre en place le cadre adéquat.

Quelle orientation réglementaire la Suisse doit-elle prendre: un alignement total sur l’Europe, ou le maintien d’une originalité la rendant plus attractive pour le reste du monde?
Nous devons définir notre position par rapport à l’Europe. Nous n’en faisons pas partie et il n’est pas question, pour le moment, de changer cette position. Mais nous ne pouvons pas en faire abstraction, en raison de la profondeur des liens que nous avons avec elle. Nous ne devons cependant pas renoncer à notre originalité. Par notre culture, et nos liens économiques, les banques et la place financière et économique sont étroitement reliés au reste du monde. Notre position restera toujours quelque peu particulière. Nous devons l’entretenir, sans plonger dans l’égoïsme. C’est précisément notre histoire qui nous oblige à de la solidarité à l’égard du monde.

Sur quel type de réglementation la gestion institutionnelle doit-elle s’appuyer: un cadre copié de l’Europe, en opposition à l’Europe ou conforme à celle-ci tout en se ménageant des aménagements?
Il est impossible de rester isolés. C’est pourquoi nous devrons à l’avenir renoncer au Swiss finish dans les législations et réglementations. La Suisse et sa place financière sont contraintes de se conformer aux standards internationaux. Nous devons cependant participer activement à l’établissement et à la concrétisation dans les organisations internationales de ces règles. Si celles-ci sont décidées de manière démocratique, alors nous les appliquerons. C’est à mon sens un principe essentiel que nous devons intégrer pleinement dans le développement de notre stratégie financière.

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«Nous voulons combiner nos différentes activités»

La bonne santé du groupe Raiffeisen est-elle attribuable avant tout à la vigueur de l’économie suisse ou est-ce le résultat d’options stratégiques particulières?
D’un point de vue stratégique, nous avons focalisé nos affaires sur les relations étroites avec la clientèle privée, la clientèle de placement et la clientèle PME, relations que nous avons pu tisser dans le pays grâce à la densité du réseau de notre organisation et que nous entretenons activement. A travers notre forme de coopérative, nous renvoyons une image de stabilité que la clientèle a certainement trouvée rassurante en ces temps de turbulences. Nous nous sommes fortement étendus, notamment en Suisse romande, ce qui est un facteur de succès.

Vous avez cependant indiqué vouloir réduire la part des opérations d’intérêt (les dépôts et les prêts), qui constituent 80% de vos revenus. Visez-vous plus de diversité?
Les opérations d’intérêt restent au cœur de notre activité, mais nous voulons développer les revenus de commissions, par exemple dans la gestion
des avoirs retraite. Nous avons assimilé des compétences capitales grâce à la précieuse contribution de Notenstein Banque Privée, acquise en janvier dernier.

Raiffeisen va-t-elle se lancer dans la banque d’affaires?
Bien sûr que non. Il n’est pas question de nous engager dans des secteurs que nous ne connaissons pas. Nous restons centrés sur les affaires avec les clients individuels et les PME, qui, par exemple, pourraient nous confier leur prévoyance. Ces compétences, nous les avons développées ces dernières années, en les concentrant sur sept sites répartis dans toute la Suisse. C’est par une combinaison des affaires de clientèle privée et entreprises que nous y parviendrons.

Bâtissez-vous un groupe intégré en vous appuyant sur Notenstein et sur la participation minoritaire dans Vontobel?
Non. Chaque entité poursuit ses objectifs propres. Raiffeisen vise la clientèle individuelle et les PME, Notenstein la clientèle privée et notre partenariat avec Vontobel nous donne accès au développement de produits financiers innovants ainsi qu’au traitement des opérations sur titres. Ce sont trois approches différentes.

Ne cherchez-vous pas à canaliser les fonds de déposants fortunés de Raiffeisen auprès de Notenstein sur le modèle de HSBC, qui canalise vers sa banque privée suisse les fonds déposés dans son immense réseau?
Il appartient en premier lieu à Notenstein de trouver de nouveaux clients. Mais il est clair qu’une collaboration est mise en place entre Raiffeisen et Notenstein, qui permet à chacune des deux entités de profiter du savoir-faire de l’autre. Notenstein bénéficiera naturellement du réseau de Raiffeisen dans le cadre de son segment de clientèle. Ce sont deux marques différentes avec des savoir-faire bien délimités, même si des synergies seront établies entre chacune d’entre elles.

 

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