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Quelques pistes privilégiées par le marché

Mis en ligne le 22.11.2012 à 11:22

  1. Quelques pistes privilégiées par le marché

     © Source: www.topyields.nl
  2. Quelques pistes privilégiées par le marché

     © Source: Morgan Stanley Capital International
  3. Quelques pistes privilégiées par le marché

     © Source: Six Swiss Exchange
  4. Quelques pistes privilégiées par le marché

     © Source: Six Swiss Exchange

ESPOIRS Différentes classes d’actifs permettent de profiter de potentiels intéressants sans encourir de risques exagérés. Bien qu’elles ne présentent pas des profils de risque aussi peu marqués que les...

ESPOIRS Différentes classes d’actifs permettent de profiter de potentiels intéressants sans encourir de risques exagérés. Bien qu’elles ne présentent pas des profils de risque aussi peu marqués que les valeurs sûres traditionnelles, elles permettent néanmoins de diversifier un portefeuille de manière à éviter les principaux écueils dressés par la persistance de la crise. 

ACTIONS viser le dividende

Malgré une baisse moyenne de 10% des cours des actions en Europe, et en dépit des perspectives de récession pour 2012, toutes les actions ne sont pas à jeter à la poubelle. D’abord, parce que des entreprises traversent la tempête avec un certain bonheur. Ce sont les spécialistes de la construction comme Holcim, de la distribution comme Carrefour, de l’alimentaire comme Nestlé et divers constructeurs d’électronique comme Apple. Autant de secteurs qui, à défaut d’accroître leurs bénéfices de manière importante, ne verront pas ces derniers reculer, ou si peu.

Cette solidité promet une stabilité de leurs dividendes, s’ils ne progressent pas encore. Et vu le bas niveau des cours, les rendements offerts par les placements dans ce genre de société s’avèrent supérieurs à ceux d’une obligation de premier ordre, par exemple un emprunt public allemand ou néerlandais à 10 ans. Ces derniers rapportent entre 2,2% pour un emprunt néerlandais et 0,9% pour une obligation à 10 ans de la Confédération. En revanche, acheter Nestlé, qui a payé 1,81 franc de dividende pour une action avoisinant 50 francs, permet d’empocher un rendement avant impôts de 3,6%. Swisscom, qui paie un dividende de 22 francs pour un cours de 350 francs, promet du 6%.

Toutes les sociétés promettant de beaux dividendes ne sont pas bonnes à prendre. Contrairement à une obligation, dont le coupon est fixe, le rendement de l’action est décidé chaque année sur la base de la marche des affaires. Si celles-ci ne sont pas bonnes, le dividende peut être réduit, voire supprimé, et le cours de l’action baisser. Aussi, une bonne société doit non seulement offrir un rendement élevé, mais aussi afficher une croissance visible. Autrement dit: les bonnes actions ne sont pas que celles qui rapportent maintenant, mais aussi celles qui donnent des gages de solidité dans la durée. Les secteurs qui ont la préférence de Serge Ledermann, stratège de la banque Héritage, sont: «La production et la distribution d’énergie, l’innovation technologique, les matières premières, les biens de consommation de luxe et la grande distribution. Pour les entreprises industrielles, il vaut mieux attendre que les perspectives de croissance conjoncturelle apparaissent plus clairement.»

ACTIONS EMERGENTES une nouvelle Terre promise

«Même si l’Europe parvient à régler un certain nombre de ses problèmes, la plus forte croissance des marchés d’actions se réalisera en Asie», écrivaient fin novembre les économistes Jan Hatzius, Dominic Wilson et Kamakshya -Trivedi, de Goldman Sachs. La banque d’affaires américaine, qui fait référence, parie sur la plus grande vigueur de la conjoncture en Chine et dans les pays voisins (à l’exception du Japon), ainsi qu’au Brésil et dans une moindre mesure en Russie. «Les pays émergents affichent de bons fondamentaux, avec en particulier une croissance soutenue et un endettement réduit», ajoutent Patrice Gautry et Alan Mudie, stratèges à l’Union bancaire privée à Genève. Si les prévisions de hausse des cours avoisinent 10% pour 2012 en Europe et en Amérique du Nord, elle est pratiquement deux fois plus élevée dans les marchés émergents.

Outre les industries et la grande distribution, le secteur qui a la préférence des stratèges est l’extraction minière. Pariant sur une poursuite de la hausse des prix des matières premières, les économistes conseillent les grandes sociétés aurifères, avec le risque que, si le métal jaune baisse en cas de reprise de l’inflation, ces sociétés deviendront moins attractives.

Deux inconnues tempèrent l’enthousiasme pour ce type de placement. Le dynamisme des économies émergentes, en particulier les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), reste étroitement dépendant de celui de l’Occident. Si l’Europe et les Etats-Unis s’engagent dans une longue phase de stagnation, la Chine, l’Inde et le Brésil perdront des points de croissance, affectant négativement la progression et la profitabilité de leurs entreprises. En outre, les règles de gouvernance, en particulier des sociétés de Chine continentale, paraissent plus opaques, moins compréhensibles que celles des pays développés.

Une classe d’actifs jusque-là peu regardée commence à apparaître sur les écrans radar des professionnels: la dette des pays émergents. Très endettés il y a moins de vingt ans au point d’être à la source de crises financières internationales (crise asiatique de 1997-98 par exemple) ou, au contraire, absents des marchés financiers (comme la Chine), les grands pays émergents font figure aujourd’hui de débiteurs responsables et raisonnables. Leur taux d’endettement moyen est de 40% contre plus du double dans les pays développés. Néanmoins, ils restent confrontés à une certaine méfiance. Dans leur majorité, ils restent catalogués dans la catégorie «spéculative» par les agences de notation.

OBLIGATIONS D'ENTREPRISES l’alternative aux emprunts d’états

Alors que les dettes publiques suscitent une méfiance tenace, les emprunts des entreprises apparaissent parmi les derniers refuges encore fiables, au point que les rendements de certaines grandes sociétés sont inférieurs à ceux des obligations émises par leurs gouvernements, alors que c’est habituellement le contraire. Pourquoi? En raison de «la plus grande responsabilité des entreprises» vis-à-vis de la gestion de la dette, comme le souligne Caroline Weber, stratège chez Bridport à Genève.

Une obligation d’entreprise est une dette que celle-ci contracte vis-à-vis du marché. Traditionnellement, une société doit payer un rendement plus élevé que l’Etat dans lequel elle est basée en raison de la moindre garantie qu’elle offre. Contrairement à un gouvernement, une entreprise peut tomber en faillite et ne peut pas émettre de la monnaie. Mais la crise de l’euro a renversé la logique. Les comptes publics des pays du sud de l’Europe n’inspirent plus confiance, alors que l’indépendance de la Banque centrale européenne les empêche de créer la monnaie qu’ils souhaiteraient pour rembourser leurs créanciers sans avoir à prendre des mesures d’austérité trop drastiques. D’autre part, les entreprises, rendues méfiantes vis-à-vis des banques depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, constituent des réserves de liquidités pour faire face à une éventuelle crise du crédit.

Si les grandes entreprises, principalement les multinationales actives sur plusieurs marchés, se profilent comme des alternatives en matière de placements réputés sans risque, les obligations de sociétés à risque, particulièrement américaines, intéressent aussi les professionnels. Elles offrent des rendements élevés «alors que les risques de défaut sont en diminution», relève Johannes Jooste, stratège chez Merrill Lynch Wealth Management pour l’Europe. Autrement dit, l’investisseur peut perdre sa mise s’il place dans des obligations de sociétés chancelantes. Mais ce risque est plus que compensé par le rendement offert par ces mêmes sociétés. Après avoir atteint un pic à près de 12% à la fin 2009, le taux de défaut des entreprises américaines est redescendu à 2% environ, un niveau similaire à celui des années 2005 et 2006, lorsque l’économie était en croissance. En revanche, le rendement reste supérieur à ce qu’il était lors de ces mêmes années. Attention toutefois aux changes. Si le dollar s’est apprécié de près de 24% depuis août face au franc, il demeure une monnaie structurellement faible, rien qu’en raison de la politique ultra-accommodante de la Fed.

IMMOBILIER Choisir Soigneusement

Valeur sûre par excellence, la pierre suscite des doutes croissants. Le niveau élevé des prix en Suisse, conséquence d’une progression ininterrompue depuis 1996, inquiète un nombre grandissant d’acheteurs potentiels et de propriétaires établis. Le bond de 40% des prix des fonds de placement suisses spécialisés depuis la fin 2008 a renforcé les inquiétudes. L’apparition en mai dernier de l’«indice UBS des bulles immobilières», montrant une moyenne des prix se rapprochant de la zone à risque, a renforcé l’inquiétude générale. Au grand agacement de certains professionnels. «La mise en exergue d’une bulle immobilière en Suisse est d’abord un effet de manches», s’est agacé à la fin de novembre dernier Arnaud de Jamblinne, directeur de La Foncière, un fonds de placement immobilier basé à Lausanne.

«L’immobilier, dans la région de Genève, est en surchauffe. Mais cela doit être mis en relation avec le bas niveau de départ. L’offre reste insuffisante par rapport à la demande. Seule une récession profonde provoquerait un arrêt de l’immigration, et donc un frein à la demande de logements. Ce n’est pas notre scénario pour l’instant», souligne Constantino Cancela, directeur des investissements à la Banque cantonale de Genève. La tendance haussière du marché suisse est donc appelée à se poursuivre, estiment les spécialistes, qui se basent sur l’augmentation régulière de la population en raison de l’immigration et le retard pris dans la construction de logements.

Cela dit, les mêmes experts désignent les erreurs à ne pas commettre. D’abord, payer un objet trop cher. Comment le savoir? En calculant le rendement du bien en cas de location. «Se contenter d’un rendement inférieur à 3% est une chose à éviter», souligne Arnaud de Jamblinne. Un rendement normal pour un immeuble de logements se situe plutôt aux alentours de 4 à 6%. Qui vise plutôt l’achat de parts de fonds de placement immobiliers doit se méfier de l’agio entre la valeur du fonds et celle des immeubles qu’il détient. Or, cette différence tend à s’accroître depuis que l’immobilier suisse apparaît comme l’une des ultimes valeurs refuges au niveau international. Or, si Jean-Pierre Jeckelmann, directeur des investissements de la banque Bonhôte à Neuchâtel, considérait normal un agio de 15% en juin 2011 dans L’Hebdo, plusieurs fonds ont largement dépassé cette limite. Le plus volumineux d’entre eux, un fonds UBS spécialisé dans l’immobilier de logement en Suisse alémanique, dépasse 26%.

 

 

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