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Le Forum des 100

Mis en ligne le 03.02.2017 à 06:00

Yves Genier

Récit. Davantage qu’un point de rencontre, une arène. Un espace de débats, de confrontation des idées et des réalités propres à chacun, qui, au fil des éditions, a rassemblé bien plus que mille personnes.

Un tourbillon. J’étais pris dans un maelström de rencontres, d’échanges, de retrouvailles avec bien plus de gens que je n’imaginais voir en une seule fois! Ma première visite au Forum des 100, édition 2012, m’était apparue pour ce qu’elle est, édition après édition: le point de rendez-vous de tous les milieux, de toutes les régions romandes et au-delà.

Où le directeur de théâtre jurassien rencontre le patron de start-up de l’EPFL, où le philosophe français échange ses idées avec un conseiller fédéral, tout ce monde réseautant dans les vastes espaces offerts par le campus de l’Université de Lausanne autour d’un café ou du rituel risotto offert à l’issue de la partie formelle de la manifestation.

Une manifestation élitiste, réservée à quelques happy few? C’est méconnaître le rôle de découvreur de talents et de personnalités qu’a joué le Forum. Nombre d’entre eux y ont gagné une visibilité hors des frontières de leur canton.

Chantal Tauxe, ancienne rédactrice en chef adjointe de L’Hebdo et cheville ouvrière, se souvient «des membres des 100, surtout des femmes ou des jeunes, me remerciant de les avoir mis sous les spots médiatiques et me disant: «Je n’oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi, vous avez été la première ou les premiers à croire en moi.»

Tout débute en janvier 2005. Alain Jeannet vient juste de reprendre la rédaction en chef de L’Hebdo. Il réfléchit à un moyen de créer un événement pouvant remplacer l’alors défunt Forum de Glion (une nouvelle version a vu le jour en 2006, axée sur l’économie). Avec Chantal Tauxe, il s’inspire de la liste des cent personnalités les plus influentes du monde établie par le magazine Time. Et applique la formule à la Suisse romande.

L’identification des cent élus est confiée à la rédaction. La production à Bruno Giussani, un ancien du magazine devenu patron en Europe des conférences TED. La première édition a lieu le 9 juin, dans un auditoire du CERN, avec un peu plus de 300 participants. Et déjà un invité de marque, Luc Ferry, philosophe et ancien ministre français de l’Education. «L’atmosphère dans cet auditoire était un peu soviétique, mais la manifestation a été un succès», se remémore Chantal Tauxe.

Gerhard Schröder, Roberto Saviano…

L’année suivante voit le déménagement de la manifestation à Dorigny, son lieu de rendez-vous désormais régulier. Et accueille son premier conseiller fédéral, Pascal Couchepin, alors chef du Département de l’économie, ainsi qu’un invité de choix, l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, venu dire que «l’Europe peut et doit devenir la région la plus compétitive du monde».

La formule est désormais rodée. A chaque année son membre du Conseil fédéral. En 2008, c’est au tour d’Eveline Widmer-Schlumpf, récemment élue au gouvernement, venue parler finances publiques. Cela tombe bien: la même année, le Forum publie, avec l’aide de l’Institut Créa et des banques cantonales, sa première étude sur le PIB romand, un chiffre jusqu’alors méconnu.

Et là, surprise: la Suisse occidentale fait jeu égal avec le poids lourd du pays, Zurich. Autres découvertes, les évolutions latentes des Romands en matière de politique et de société, grâce aux sondages Sophia de l’institut M.I.S Trend.

A chaque édition aussi, son invité de marque étranger. Se succèdent ainsi l’écrivain et ancien ambassadeur italien Sergio Romano (en 2010), puis en 2015 ses compatriotes Enrico Letta, ancien président du Conseil, ainsi que Roberto Saviano, ce journaliste qui ne se déplace qu’entouré de gardes du corps depuis la publication de son livre Gomorra. Tout aussi prestigieux, l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer (2014).

Ou encore des Français comme François Fillon, candidat à la prochaine élection présidentielle de son pays (2016), mais aussi des écrivains et essayistes comme Emmanuel Todd (2009) et Jean-Christophe Rufin (2011). Et, bien sûr, de grands patrons comme Sergio Marchionne, président de la SGS et CEO de Fiat (2008), Nicolas Hayek, président de Swatch (2009), et Peter Brabeck, alors président de Nestlé (2010).

Au fil des éditions, le «club» s’élargit. Chaque année voit sa nouvelle liste d’élus, autant de personnes entrées dans les réseaux des journalistes de L’Hebdo puis, dès l’édition 2016, de ceux de leurs confrères du Temps. Après douze ans, cela fait mécaniquement 1200 personnes. En réalité, elles sont même plus nombreuses. Chantal Tauxe sourit: «Nous n’avons jamais pu nous en tenir à cent personnes. Nous avons toujours légèrement dépassé ce nombre.» 


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