Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Texte plus petit Texte plus grand Imprimer cette page

Notre hebdo ne peut pas disparaître

Mis en ligne le 26.01.2017 à 08:45

© jcd



Jean-Claude Domenjoz

L’Hebdo a été biffé de son portefeuille de titres par le groupe médiatique Ringier Axel Springer. La diversité de la presse romande en est grandement affectée. Que faire? Imaginer de donner une nouvelle vie à cet hebdomadaire qui est devenu une institution.

Suite à la disparition de L’Hebdo, vous pouvez lire mes articles dans mon blog «Education aux médias» (educationauxmedias.ch).

Catastrophe. L’Hebdo disparaît soudainement du paysage médiatique romand après 35 années d’existence.

Plus personne ne peut plus l’ignorer, le seul hebdomadaire d’actualité de Suisse romande, L’Hebdo, publiera son dernier numéro le 2 février 2017, dix jours seulement après l’annonce de sa suppression. Ainsi en a décidé son éditeur germano-suisse Ringier Axel Springer qui le biffe de son «portefeuille de titres». Les raisons avancées: le recul des recettes publicitaires et des ventes. Pas de mention du rôle culturel et d’agitateur d’idées pourtant éminent de L’Hebdo pour la Suisse romande dans le communiqué de l’éditeur, qui porte uniquement sur des considérations économiques.

La société éditrice semble avoir oublié que la presse n’est ni un produit ni un bien comme un autre, elle est un des rouages essentiels de notre démocratie. La presse, le «quatrième pouvoir», gardienne de l’intérêt public, a une fonction fondamentale dans la théorie démocratique. La diffusion d’information de qualité et d’opinions, notamment politique, économique, sociale et culturelle est tout simplement une nécessité. L’Hebdo joue ce rôle avec brio.

De la suppression du seul newsmagazine grand public romand résulte un immense appauvrissement de l’offre d’information de qualité, essentielle à la formation de l’opinion publique. La disparition de L’Hebdo est un nouveau coup qui affaiblit la presse écrite romande déjà soumise à des restructurations en chaîne. Un nouveau signe inquiétant dans le contexte des menaces qui pèsent aussi sur l’audiovisuel de service public (Radio Télévision Suisse – RTS) avec l’initiative «No Billag» qui vise à supprimer la redevance et interdirait à la Confédération la possibilité de subventionner toute chaîne de télévision ou de radio. L’heure est grave.

A l’échelle romande, L’Hebdo dispose pourtant d’une large audience, environ 44000 exemplaires vendus pour 156000 lecteurs et lectrices. Ce n’est pas rien! Le lectorat s’est un peu érodé récemment. Ce n’est pas si grave, de nouveaux lecteurs et de nouvelles lectrices peuvent être gagné-e-s. L’éditeur supprime d’un trait de plume un titre qui fait partie de l’environnement romand depuis si longtemps et auquel tant de personnes sont attachées que c’était devenu une institution (comment accepter d’employer le passé pour en parler!). Notre hebdo. Dans le même temps la société éditrice annonce le lancement du magazine «T» qui sera encarté dans le l’édition du week-end du quotidien Le Temps. Absurde. Et peu respectueux de la rédaction qui élabore semaine après semaine leur hebdomadaire romand.

«Le seul garant d’un journalisme indépendant et de qualité, c’est l’indépendance économique. Aux éditeurs de trouver des formules adaptées aux exigences d’un marché des médias en pleine transformation», a déclaré Ralph Büchi, délégué du conseil d’administration de Ringier Axel Springer Suisse. A-t-il pris la mesure de son propos? Qui ne souscrirait pas à cette déclaration? Pour assurer son indépendance et sa pérennité, la meilleure solution pour un média consiste à ce que ses lecteurs, ses lectrices et ses journalistes possèdent la majorité des parts de l’entreprise éditrice. Des sociétés de presse fonctionnent selon ce modèle, par exemple le journal Le Courrier à Genève, ou Mediapart en France. Il est aussi souhaitable que son financement ne repose pas sur la publicité mais uniquement sur des contributions librement consenties (achat au numéro, abonnements, dons).

De nombreuses voix se sont élevées en Suisse romande, de la part d’élu-e-s notamment, pour dire leur consternation depuis l’annonce de la disparition imminente de L’Hebdo. L’option d’acheter le titre est de donner une nouvelle vie à un Hebdo métamorphosé est-elle pensable? Possible? Qui pourrait en prendre l’initiative? Ce média a participé de manière notable au développement d’une économie dynamique dans notre région. Il serait bon de s’en souvenir, maintenant.

 


Références

Ringier Axel Springer Suisse arrête la publication de L’Hebdo, communiqué de presse, Ringier Axel Springer Suisse SA, Corporate Communications, 23 janvier 2017.

Olivier Perrin, «L’Hebdo» disparaît du paysage médiatique, et ses confrères sont méchamment secoués, Le Temps, 24 janvier 2017.

Cet article concerne le domaine Médias, images et technologies de l’information et de la communication (MITIC) – Education aux médias et à l’information (EMI) – Media and Information Literacy (MIL)


< Retour au sommaire du blog "Education et médias"




Curieux Jeannet et son équipe n'ont qu'à faire une offre de "management buy out" à MM. Ringier Springer & Co. Ils peuvent hypothéquer leurs maisons, mettre en gage leurs assurances vie, etc. Comme le font tous les entrepreneurs. Chiche?

Ils peuvent aussi demander un crédit à l'un ou l'autre de ces nombreux milliardaires qui se plaignent de la tendance isolationniste de la politique suisse.

Tiens, une idée me traverse l'esprit: les rédacteurs de L'Hebdo peuvent se constituer en société du Nouvel Hebdo S. A. et trouver des sponsors. Je leur fais une suggestion: Roger de Weck va bientôt terminer son mandat à la SSR. C'est une pointure journalistique et il a l'argent, grâce à l'héritage de son papa. Pourquoi ne pas l'approcher et lui proposer l'aventure? Il accepterait peut-être.

Ça ça aurait de la gueule, au lieu de pleurnicher.

Mais peut-être que justement ces journalistes n'ont pas le courage pour ça. N'est pas Roger Köppel qui veut.

Et peut-être que les Crésus euro turbos n'ont pas les c... non plus de mettre leur carnet de chèques au service de leurs idées, où ils sont trop piètres managers. Ils n'osent pas car ils savent qu'à ce jeu ils se ruineraient, le public n'ayant aucun appétit pour une presse ayant pour ligne éditoriale leurs idées 68ardes dépassées. Pas folles les guêpes gauchistes de l'establishment.

La seule chose qui ne puisse pas se faire c'est de demander des subventions. Car le scandale serait trop énorme. Le peuple ne veut pas payer pour des journalistes qui lui crachent à la figure depuis 35 ans.
26.01.2017 - 12:07
jmf A lire vos nombreuses interventions qui suintent toutes la mauvaise foi, M. Curieux, ce qui est sûr, c’est que si l’Hebdo disparaît pour de bon, il vous manquera grandement ! Que ferez-vous de votre temps et où déposerez-vous le fiel qui vous met dans un tel état ? 26.01.2017 - 14:21
Curieux C'est vrai, à moi il me manquera. C'est bien pourquoi je suggère des pistes, tout à fait valables, pour que cet organe de presse perdure.

On nous dit qu'il y a 150'000 lecteurs. Et ils ne pourraient pas se cotiser pour faire renaître leur hebdo bien-aimé?

La vérité, je le crains, c'est qu'il n'y a à peu près que moi qui m'intéresse à L'hebdo, car j'y trouve un concentré de tout ce que j'exècre idéologiquement et politiquement. D'ailleurs la preuve c'est qu'il n'y a que moi qui poste sur ce forum de discussion désert. Ou sont les centaines de commentaires qu'on trouve dans les blogs qui marchent? Ce n'est pas un test ça?

Je doute fort qu'il existe un véritable attachement à cet hebdomadaire. Il y a une certaine tristesse. C'est toujours triste une entreprise qui cesse son activité. J'ai entendu Jacques Pilet s'exprimer à la radio, je ne l'ai jamais beaucoup aimé mais là il m'a fait de la peine. Ce doit être dur de voir l'œuvre de sa vie détruite. Seulement, le public de la Suisse Romande n'aime pas L'Hebdo au point de consentir, par exemple, à souscrire des milliers d'abonnements de soutien, ou de lancer une souscription, privée bien entendu, pour qu'il puisse repartir. Donc, exit L'Hebdo.

L'Hebdo a sans doute quelques milliers de lecteurs fidèles comme Jean-Claude Domenjoz, qui le chérissent parce que cela représentait toute leurs jeunesse, leurs idéaux fanés. Certes. Mais ça ne suffit pas. Et c'est un infime club de nostalgiques. Ensuite il y a ceux qui le lisaient par habitude et qui zapperont très vite. Il y a surtout l'écrasante masse des indifférents. Enfin il y a une majorité silencieuse qui n'a aucune sympathie pour un organe chichiteux, geignard, gauchisant, petit bourgeois, anti populaire, anti Suisse, pro européen, dont ils ont le sentiment, justifié, qu'il les a toujours insultés, vilipendés, méprisés. Et parmi cette masse d'une hostilité latente, il y a le noyau dur de ceux qui détestent profondément un organe de propagande idéologique nocif.

Si vraiment il existait un soutien populaire pour L'Hebdo en Suisse Romande, il renaîtrait de ses cendres dans le mois. Immédiatement des dizaines de milliers de supporters casseraient leur crousille, et ça repartirait. Mais il n'y a rien de tel. L'Hebdo, c'est fini. Bof sera le mot de la fin.
27.01.2017 - 02:51

Ajouter un commentaire

Pour commenter les articles de L'Hebdo et des blogs, vous devez être connecté. Créez un compte ou identifiez-vous.
L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs