Chères lectrices, chers lecteurs,

Nous vous informons que le dernier numéro de L'Hebdo paraîtra exceptionnellement le vendredi 3 février 2017.

En vous remerciant de votre compréhension.

Texte plus petit Texte plus grand Imprimer cette page

Secret bancaire, le mythe du Parlement

Mis en ligne le 16.12.2016 à 11:17
Thomas Matter, conseriller national UDC, banquier et père de l'initiative pour le secret bancaire.

Thomas Matter, conseriller national UDC, banquier et père de l'initiative pour le secret bancaire.

© Keystone



Yves Genier

D'ordinaire, les Chambres fédérales recommandent le rejet des initiatives populaires. Assez curieusement, le Conseil national a rompu avec cette habitude le 15 décembre pour donner son appui au texte de l'initiative "pour le maintien de la sphère privée", qui veut ancrer le secret bancaire dans la Constitution.

Tout le monde le sait, cette démarche va à l'envers de l'Histoire puisque la Suisse conclut à marche forcée des dizaines d'accords permettant l'échange automatique d'informations avec des pays aussi divers que l'Argentine, le Canada et l'Inde. Elle est même nuisible à la Suisse puisqu'elle complique la tâche des autorités fiscales pour lutter contre la fraude à l'intérieur du pays, et pénalise l'image d'un pays qui n'a pas encore convaincu le reste de la planète de la sincérité de son atachement aux nouveaux principes.

Alors que le secret bancaire a permis pendant des décennies à la place financière de prospérer au détriment des fiscs étrangers, il ne va plus faire qu'une victime, le contribuable suisse, qui devra payer pour les fraudeurs que le maintien du secret va continuer de protéger. Alors que les budgets se serrent partout, aussi bien à la Confédération et dans les cantons, l'absurdité de la démarche n'échappe à personne.

Le plus aberrant est que l'initiative n'aura, au mieux, qu'un effet très limité, voire aucun effet du tout. Les gros fraudeurs, qui soustraient plus de 300'000 francs, sont poursuivis pénalement, procédure qui permet déjà la levée du secret bancaire. Quant aux petits, il leur est de plus en plus difficile de dissimuler des revenus, tant les moyens de contrôles du fisc se sont développés!

Au mieux, donc, un tel texte ne peut que profiter à quelques avocats, notaires et banquiers peu scrupuleux du bien public et enchantés de vendre un secret bancaire largement vidé de sa réalité. Et qui sont minoritaire: les associations professionnelles, à commencer par l'ASB, sont opposées à ce texte.

La décision du National ressemble à une tentative inutile de prendre une revanche sur l'Histoire qui, on le sait, a forcé les autorités et les banques suisses à se conformer à la transparence. Chez certains, à commencer par le banquier et conseiller national UDC Thomas Matter, père de l'initiative, cet alignement forcé n'a toujours pas été avalé. On peut faire moins puéril.


< Retour au sommaire du blog "Rhonestrasse"




Curieux "Prendre une revanche sur l'Histoire qui, on le sait, a forcé les autorités et les banques suisses à se conformer à la transparence."

Evidemment qu'il existe cette volonté de prendre cette revanche sur l'histoire. Tout peuple ayant subi un diktat et été contraint à se soumettre au chantage a la volonté de prendre sa revanche là dessus. C'est normal. Et je dirais même plus: cette revanche nous la prendrons. Que vous le vouliez ou non. Et le balancier reviendra beaucoup plus loin que vous ne pouvez l'imaginer dans la direction qui vous parait "puéril".

On reviendra au secret bancaire pur et simple, pour les Suisses ezt pour les étrangers. Et le monde entier nous en sera reconnaissant.

Qu'est-ce que ça veut dire cette manière de confondre les manigances du Gafi avec le sens de l'histoire? C'est ridicule.
17.12.2016 - 00:46
Curieux Et en plus vous mettez une majuscule à histoire. C'est ridicule vraiment! 17.12.2016 - 00:59
alibi Comme vous l'écrivez le secret bancaire pour les gros fraudeurs n existe plus. Alors quoi? On va donc voter sur une initiative inutile! On devrait plutôt voter à la question : acceptez-vous le diktat du gafi, cette organisation non démocratique qui impose sa loi! 18.12.2016 - 09:43
alibi Rajoutons que sans protection de la sphère privée, il n y aura plus de démocratie ! 18.12.2016 - 09:48
rcottet Excellente synthèse. Dommage qu'elle n'a pas paru dans l'Hebdo.
Je vois cependant un autre aspect, assez machiavélique, de cette initiative. Si le projet est accepté, la Suisse va attirer un bon nombre de friqués étrangers de tous bord qui feront une demande de naturalisation. Et comme la Suisse préfère de loin les demandeurs d'asile fiscal aux demandeurs d'asile politique, elle risque de devenir un deuxième Monaco, rêve que caressaient Blocher et ses sbires.
13.01.2017 - 12:21

Ajouter un commentaire

Pour commenter les articles de L'Hebdo et des blogs, vous devez être connecté. Créez un compte ou identifiez-vous.
L'Hebdo

Cette semaine
dans l'hebdo

ePAPER


Idées & débats

Réactions



Projecteurs

Le Forum des 100



Les rendez-vous du Forum



Nos Hors-séries

Voyages


Prix des lecteurs