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«Bouboule» illumine la compétition du Zurich Film Festival

Mis en ligne le 26.09.2014 à 17:54
David Thielemans, formidable «Bouboule».

David Thielemans, formidable «Bouboule».

© Filmcoopi



Stéphane Gobbo

Le Zurich Film Festival célèbre sa dixième édition et franchement, on n’en entend que rarement parler de ce côté-ci de la Sarine, si ce n’est lorsqu’on y arrête un invité pour l’incarcérer. Mais le ZFF ne saurait heureusement se résumer à ce qu’on appelle communément l’affaire Polanski. Depuis 2005, les deux fringants directeurs de la manifestation, Nadja Schildknecht et Karl Spoerri, courrent derrière le glamour cannois et invitent des stars à venir fouler leur tapis vert (je suis juste à côté, oui, il est bel et bien vert). Cette année, Cate Blanchett, Diane Keaton, Rene Russo, Antonio Banderas, Benicio del Toro et Liam Neeson poseront devant le logo du festival et celui des sponsors. Parce que des sponsors, il y en a à Zurich. Et on les voit. Un peu trop d’ailleurs. Mais ceci est une autre histoire, si ce n’est que dans la monumentale tente qui sert de centre névralgique au ZFF, la cinéphilie semble céder le pas au business.

Parmi les films dévoilés ces jours au bord de la Limmat figure un premier long métrage coproduit par la Belgique et la Suisse, et réalisé par un diplômé de l’ECAL (Ecole cantonale d’art de Lausanne) originaire du Plat Pays, Bruno Deville, qui a déjà signé quelques courts et mis en boîte pour la RTS la série Crom. Le film en question s’intitule Bouboule et il joue admirablement avec les codes du récit initiatique. Kevin a 12 ans, il est obèse et, comme le dit son médecin, ressemble à un tank qui fonctionnerait avec un moteur de mobylette. Son cœur est fragile, les autres se moquent forcément de lui, ses deux sœurs aussi d'ailleurs, ce qui ne l'aide pas à se sentir bien dans sa flasque peau. Mais voilà qu’il rencontre Patrick et Rocco, un vigile et son chien. Ces deux-là le prennent comme il est, et Kevin pense avoir trouvé sa voie, enfin. Il sera lui aussi agent de sécurité.

La réussite de Bouboule est multiple. Il y a d’abord la belle photographie de Jean-François Hensgens, qui participe au côté décalé du film grâce à un excellent travail à base de couleurs désaturées. Il y a ensuite les excellents dialogues d’Antoine Jaccoud, le coscénariste attitré d’Ursula Meier qui joue de plus en plus, grâce à sa plume affutée, au consultant de luxe. Il y a encore l’excellente musique de Mathieu Chédid, de même que des seconds rôles finement écrits – le chanteur François Hadji-Lazaro (Les Garçons Bouchers, Pigalle) est parfait en vigile faussement paternaliste. Et il y a surtout le jeune David Thielemans, qui campe un Bouboule à la fois angoissant et attendrissant, totalement perdu et criant au secours, comme sa copine Alice, qui multiplie les tentatives de suicide, sans que personne ne l’écoute. Quel personnage, et quelle belle entrée dans la cour des grands pour Bruno Deville.

Bouboule est présenté à Zurich en compétition internationale, et il sera visible dans les salles romandes à partir du 5 novembre. Notez bien cette date. Quant à moi, je vais voir ce qui se trame du côté du tapis vert.

Zurich Film Festival, jusqu’au 5 octobre.


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