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La fin brutale de l'Hebdo exige une réponse politique

Mis en ligne le 29.01.2017 à 10:26

René Longet

On ne peut pas assister passivement à la fin brutale de l'Hebdo. Les pouvoirs publics ont une réflexion fondamentale à mener Et chaque citoyenne, chaque citoyen également. A la légitime indignation des journalistes et des lecteurs doit faire écho une véritable analyse politique de la signification de l'événement.

Cette fermeture après plus de 35 ans d’information originale, positive, diversifiée, remarquée et remarquable pose de nombreuses questions. Sur la logique des détenteurs du pouvoir économique. Sur la possibilité de soutenir et d’animer un espace de conscience, d’expression et de réflexion propre aux francophones de ce pays, un petit quart de la population - simple annexe sise dans un lointain et nébuleux «Far ouest» de la Suisse, ou contributeurs forts à sa dynamique économique, culturelle, sociale, politique ? Sur le soutien que méritent les forums de débat démocratique, pour peu qu’ils respectent les valeurs fondamentales du pays, par exemple celles que rappellent les préambules des constitutions fédérale et cantonales.

Tout cela a été rayé d’un trait de plume, sans concertation avec qui que ce soit.

C’est l’occasion de se rappeler que toute démocratie a besoin d’espaces pour construire des hypothèses d’analyse sociétale, pour réfléchir sur le vivre ensemble, pour échanger sur ses perspectives économiques, écologiques, culturelles, sociales... Pour informer, avant de proférer condamnations, dénonciations, réclamations. Besoin d’une recherche documentaire pour disposer des éléments permettant de distinguer les faits des opinions. D’une éthique de la prise de parole. D’un écho donné aux actions et aux acteurs. Bref l’on trouve là la mission de service public de la RTS, d’ailleurs contestée par d’aucuns, qui préfèrent livrer les outils de la démocratie, et donc la démocratie elle-même, aux puissances d’argent.

La mort de l’Hebdo nous montre qu’il n’y pas d’un côté un service public qui serait celui assuré sur les ondes et d’un autre côté une presse écrite que l’on pourrait livrer en pâture aux logiques commerciales et aux humeurs des investisseurs, puis encore troisièmement des médias sociaux de moins en moins sociaux, scellant non pas des liens mais poussant à la fragmentation et à l’autisme des perceptions du monde. Mais une fonction unique des médias - indépendamment de leurs modalités techniques - comme plates-formes d’échange et animateurs désintéressés (et mus par la seule et exigeante déontologie du métier de journaliste) de ce qui fait  la démocratie: la formation éclairée de l'opinion.

Dès lors si parmi les talentueux journalistes qui se retrouvent désormais sur le carreau devaient émerger des projets utiles à la démocratie - comme l’animation d’une plateforme virtuelle (ou réelle) d’information, de débat et d’enquête - et que les parts sociales, le crowfunding et les dons ne suffisent pas pour les réaliser, il appartient clairement aux collectivités publiques, villes et cantons, d’y participer avec de l’argent public. Pour la construction de la démocratie, qui est une tâche permanente, c’est certainement tout aussi important que de subventionner des remonte-pentes dans des stations de ski sans neige ou de passer une autoroute de 4 à 6 pistes...


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alibi Les politiques ont meilleur temps de s occuper de la baisse du pouvoir d achat de la classe moyenne, de l immigration de masse, de la force du franc et des futurs chômeurs 2017 du commerce de détail. 29.01.2017 - 23:16
Curieux L'intelligentsia de gauche, assez modérée mais pas toujours, qui faisait les contenus de L'Hebdo, n'a à s'en prendre qu'à elle-même. Elle a eu tort de placer son espoir dans un organe de presse appartenant à un grand groupe capitaliste bourgeois. Elle est punie de sa propre jobardise. Si elle a un message à faire passer et un combat politique et idéologique à mener - meme si je ne suis pas dans leur camp je suis pour le débat d'idées le plus libre et divers possible - elle doit s'organiser en coopératives, ou d'une autre manière, pour se doter d'une indépendance économique et ne plus être exposée au risque d'être rayée du paysage médiatique par un trait de plume dans un conseil d'administration.
La voilà la vraie, et la seule réponse. Il y a des exemples. Et pas loin d'ici. Je pense notamment à un hebdomadaire suisse allemand comme la WoZ, Wochen Zeitung ce qui signifie Hebdo, que je lis volontiers car il est bien fait. Et j'ai moins l'envie d'accabler cette publication de mes sarcasmes méprisants dont j'ai gratifié L'Hebdo car je trouve la WoZ plus respectable. C'est un titre militant, fait par des militants avec des moyens militants, dans l'independance. C'est bien fait et ça marche. J'exprime mon respect.
On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas à la fois revendiquer la pleine liberté et bénéficier d'un mécénat, qu'il soit privé ou public. Vous avez trouvé normal que vos idées progressistes soient un amusement de grands bourgeois comme la famille Ringier. Fort bien. Vous en avez accepté le principe. Vous devez aussi accepter maintenant que les protecteurs bourgeois qui vous ont entretenus pendant une trentaine d'années, vous congédient parce que désormais vous leur coûtez trop cher. Vos réclamations font penser à une femme entretenue, qui le jour où son protecteur la lâche dit qu'elle a "droit" au luxe, à la Porsche, à la villa, à la piscine dont elle a bénéficié.
Maintenant vous en appelez, après la générosité d'une famille grande bourgeoise, à celle de l'état. Vous croyez qu'une presse subventionnée sera libre. Erreur profonde et impardonnable. Qui paye commande. La règle se vérifiera dans tous les cas de figure. Vous en appelez donc, en clair, à une propagande d'état, et vous estimez qu'il serait juste que celle-ci soit pilotée par l'intelligentsia de gauche à laquelle vous appartenez. En effet, on imagine mal que ce fond de soutien public que vous appelez de vos voeux, soutienne également l'opinion gauchisante qui vous convient et d'autres opinions plus ou moins fachos, que vous condamnez. Pourtant ce serait son devoir, si l'on admet la prémisse de base du raisonnement qui est de dire que ce financement public doit permettre la libre expression de tous les courants d'opinion significatifs.
Vous demandez un collier pour les médias et en plus vous voulez tenir la laisse. Votre attitude est indigne et sachez bien que s'il y avait des propositions législatives visant à créer cette presse de propagande subventionnée, elles seront combattues en référendum et je suis bien sûr que le peuple n'en voudra pas. On n'a pas créé des fonds de soutien pour permettre à des catégories de travailleurs menacées par le chômage de continuer à faire leur métier aux frais de la princesse (pensons aux milliers d'employés de banque licenciés oar les temps qui courent). Il serait scandaleux de le faire pour des journalistes que, par dessus le marché, les gens ne portent pas dans leur cœur car ils en ont assez de se faire cracher à la g... par eux.
30.01.2017 - 03:27
christine.marmy Fidèle lectrice depuis bientôt 30 ans... cette nouvelle m'attriste et je me pose la question que faire pour vous soutenir? Je suis aussi abonnée à mon quotidien régional mais les nouvelles hebdomadaires de votre magazine me permettent d'avoir un éclairage différent sur la vie politique, économique et culturelle. Cela m'ouvre un peu plus sur le monde.
Que le purement financier décide m'attriste et me confirme un fait ...le monde a changé !
J'espère et je vous souhaite de trouver une voie...voix pour continuer votre travail de réflexion, d'enquête et pour bousculer les idées reçues.
Fidèlement
30.01.2017 - 09:41
p.couneson La disparition d'un media de réflexion est toujours un évènement interpellant car elle laisse encore un peu plus le champ libre à la presse futile mais surtout à un phénomène encore plus inquiétant qui est la prise d'informations aux seules sources de "son propre camp". Pour une saine démocratie, rien de mieux que d'avoir un endroit où vous pouvez rencontrer l'avis des autres, de ceux qui ne vous sont pas naturellement proches. Personne n'a le monopole des bonnes idées, le débat est donc nécessaire car il est source d'enrichissement au bien-vivre ensemble et pour que ce débat puisse exister, il est aussi nécessaire de disposer d'une information de qualité. C'est donc avec tristesse que j'apprends votre disparition car, même non suisse, j'ai très souvent apprécié votre éclairage sociétal.
Bon courage à chacune des personnes concernées maintenant par sa reconversion mais soyez fier de ce que vous avez fait, c'était un excellent magazine..
07.02.2017 - 14:19

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